MENUMENU
Chuchotis Marins -

My absolute darling, mon avis

Gabriel Tallent a mis huit longues années à publier ce premier roman, et honnêtement ça ne m’étonne guère vu le mastodonte qu’il représente. C’est d’abord le titre qui m’a attirée, sonnant terriblement romantique, puis la jolie couverture. Pourtant, ce roman n’a vraiment rien de romantique, croyez-moi…

Parce que pardonnez-moi, mais My absolute darling est un putain de roman sombre et brutal (dirais-je même bestialqui prend aux tripes et ne les lâche plus jusqu’à la dernière page. Malgré quelques petites longueurs liées à la description détaillée de paysages somptueux, je n’ai pas pu le lâcher avant la fin, tournant les pages encore et encore. A certains égards l’héroïne m’a faite penser à celle du film Les combattants, semblable à cette jeune fille farouche et renfermée (jouée par Adèle Haendel) qu’une rencontre inattendue va peu à peu transformer.

Suffocant et d’une rare violence, parfois à la limite du supportable, certaines descriptions m’ont vraiment révulsée (je pense notamment à un certain passage à la fin du chapitre 1. Ceux qui savent SAVENT…).

Julia Alveston, qui se surnomme elle-même « Turtle » et souhaite qu’on l’appelle ainsi, est aussi « Croquette » pour son père Martin, qui l’aime d’un amour fou et absolu (« My absolute darling »). Depuis la mort de sa mère, ils vivent dans cette petite bicoque rafistolée de bric et de broc sur la côte sauvage Californienne. Là, ils vivent repliés sur eux-même et à l’écart du monde, pétris de méfiance envers l’extérieur. Dès le début, on comprend que cet amour hors-norme, exclusif et démesuré, est une pure folie, tout comme la passion de Julia pour les armes.

Lors d’une balade solitaire en forêt Turtle rencontre Jacob, adolescent fantasque et aventurier, qui réussit à percer sa carapace. Bientôt un lien de confiance et de survie se tisse entre eux, qui devient un grain de sable dans la relation fusionnelle père-fille et déclenche la colère sourde de Martin : l’équilibre est brisé, le compte à rebours de la folie enclenché jusqu’au drame final, sanglant et irrémédiable.

Malgré tout, je n’ai pas réussi à m’attacher à Turtle ni à la trouver sympathique comme j’ai pu le lire dans des critiques. Je l’ai trouvée trop impénétrable pour pouvoir la comprendre, trop résignée pour pouvoir la plaindre. Sa confiance aveugle envers son père m’a parue assez insupportable, et je lui en ai voulu, oui, d’accepter un peu trop facilement les sévices qu’elle subie depuis des années. J’imagine que ce n’est pas aussi simple que ça, mais plusieurs fois au cours de ce roman j’ai eu envie de la traiter d’idiote et de lui crier de s’enfuir de cet enfer (je suis sûrement un peu dure, oui…).

Dieu merci, la fin adoucit quelque peu le récit et nous permet de souffler. Il était temps hein, on commençait à suffoquer. Pour autant, je ne crois pas que ce roman soit à mettre entre les mains des cœurs les plus sensibles, sauf à aimer souffrir en lisant (c’est mon cas, ha ha)… A l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore incapable de savoir si j’ai aimé ou non ce roman. Mais une chose est sûre, il m’a fortement perturbée et ne cesse d’occuper mon esprit, et je suis persuadée qu’il y laissera une trace durable.

 

Avez-vous lu ce roman, l’avez-vous aimé ?

Qu’en avez-vous pensé ?

 

Ecologie intérieure (+ ma petite liste pour la cultiver)

Mes petits papillons sucrés virevoltant dans la brise matinale,

J’ai mis du temps à publier cet article, alors même qu’il patientait sagement dans mes brouillons depuis des semaines. Je crois bien que j’ai (/avais ?) un peu perdu la flamme du blog, de l’écriture tout court. Je trouvais tous mes écrits trop niais, trop évidents, trop mal écrits, trop… je ne sais quoi. Et puis j’ai l’impression de lire partout la même chose, les mêmes sujets, les mêmes tournures de phrases à tel point que je ne supporte plus certains mots ou expressions les plus innocents du monde. « coup de cœur », « je vous partage », « alors aujourd’hui j’avais envie de vous parler de… ». Voilà, je ne savais plus quoi faire de tout ça.

Je me suis demandé, et moi dans tout ça, quelle est ma place ? Ai-je vraiment des choses intéressantes à raconter ? Sauf qu’il se passe beaucoup de chose dans ma vie quotidienne que j’ai souvent envie de partager avec vous, des réflexions ou expériences, des recettes de cuisine ou petites astuces dont je me dis que ça vaudrait le coup de faire connaître (oh la la, je viens de fabriquer mon premier levain maison, et j’ai grandement envie de vous en parler, je suis toute excitée à l’idée des bons pains à venir !). Alors voilà, je ne pouvais pas partir comme ça...

Ici j’avais envie d’aborder le sujet d’écologie intérieure. Vous arrive-t-il, dans cette course effrénée qu’est la vie, de prendre du temps pour vous ? De vraiment prendre le temps, de l’agripper comme un petit animal sauvage et de le serrer bien fort pour ne pas qu’il s’échappe sans demander son reste. De savourer cette petite parenthèse et profiter de ne rien faire du tout, ou bien de réaliser quelque chose qui vous rend heureux.

Tous les jours, je m’accorde au moins dix minutes rien que pour moi ou bien davantage lorsque mon emploi du temps me le permets. Je profite d’ailleurs du weekend pour faire un maximum de choses « doudou », comme une sorte de réserve de bonheur dans laquelle piocher le reste du temps.

Ce n’est pas facile à cause de nos journées surchargées, c’est presque un parcours du combattant qui te laisse soufflant et éreinté. Pourtant, chaque jour, entre le boulot, les courses à faire et les repas à préparer (notre lot à tous si je ne m’abuse), j’essaie de trouver ce temps pour moi, pour faire ces choses qui me font du bien.

Je n’ai ni enfants, ni chien ni chien ni poisson rouge à sortir (juste du kéfir de fruit), pas de grosses responsabilités et je vis seule en ce moment, alors j’ai conscience que c’est bien plus facile que si j’avais une grande famille à nourrir et des tonnes de rendez-vous à planifier à droite à gauche ! Pour autant, la vie d’étudiante n’est pas non plus un long fleuve tranquille bordé de roseaux et de petits zoiseaux gazouillants ahahah.

Prendre du temps pour soi est la sûrement la meilleure chose que l’on puisse s’offrir (mieux qu’une virée shopping chez Séphora ou Zara !), à soi mais aussi aux autres.

Il y a quelques semaines je suis tombée sur ce drôle de concept « d’hygiène émotionnelle », dont j’ai trouvé l’idée intéressante. Cela m’a donné envie de réfléchir à la mienne justement, et à toutes ces petites choses que je fais pour la garder en vie -pas comme ma dernière plante grasse qui n’a pas résisté à mon déménagement, paix à son âme.

On pense généralement à prendre soin de soi de la façon la plus évidente qui soit, en se brossant les cheveux, les dents, en prenant des douches… mais très rarement à faire place nette dans son mental ! Alors entre deux épluchages de carottes et de brossage de dents (donc), j’ai décidé de lister ces petites choses, le plus souvent gratuites, qui rendent ma journée plus belle.

► Préparer mon thé préféré

Le rituel du thé a quelque chose d’apaisant et de méditatif qui, depuis plusieurs années, m’est devenu indispensable. Aussitôt passée la porte à la fin de la journée, une fois le manteau enlevé et l’écharpe accrochée, c’est vers la bouilloire que je me dirige immédiatement. Elle ouvre le bal et, enfin, la soirée peut commencer…Je parle de thé mais ne vous méprenez pas, je n’en bois (presque) plus depuis des années. J’ai découvert le rooibos à la place, dont la marque ♥ Les Jardins de Gaïa ♥ a ma préférence absolue !, et ne jure depuis peu que par les infusions de plantes. Je rêve même de produire dans un coin de jardin mes petites plantes aromatiques et médicinales 🙂

► Aller à la bibliothèque

L’idée même de me rendre à la bibliothèque agit aussitôt sur moi comme une montée d’endorphine. Je me régale toujours d’avance à l’idée de pénétrer dans ce lieu serein, accueillant et rempli de nourriture intellectuel. Armée de ma petite liste à lire, je farfouille dans les rayons à la recherche du Graal, mais aussi ouverte aux rencontres fortuites avec une quatrième de couverture alléchante.

► Appliquer mon huile de noisette

Cette huile est une petite merveille odorante dont je ne puis plus me passer ! J’ai abandonné les crèmes depuis bien longtemps, pourtant j’avais redonné sa chance à une petite mousse de karité achetée lors de la Veggie world en octobre dernier. Malgré sa qualité indéniable, les huiles végétales m’ont trop manqué ! Mon huile de noisette est un véritable délice à appliquer, un petit cadeau que je me fais matin et soir (additionnée parfois d’une goutte essentielle de romarin avant de me coucher).

► Cuisiner un bon repas

Parfois, je passe ma journée à penser aux petits plats que je vais cuisiner le soir venu. De là à affirmer que la cuisine m’obsède, il n’y a qu’un pas (que je franchirais allègrement). Je m’inspire de blogs aux jolis visuels, des mes livres de cuisine favoris (il y en a trois, dont je ne me séparerais pour rien au monde…) ou bien de recettes trouvées sur internet au grès de mes recherches.

Je sais que beaucoup de personnes dans mon entourage perçoivent la préparation des repas comme une étape chronophage et ennuyeuse, personnellement c’est ma soupape de décompression au même titre qu’un bon bain. Choisir les ingrédients avec soin, les agencer selon ma créativité et mes envies du moment, laisser mijoter en se laissant enivrer par l’odeur… (curry de légumes au lait de coco, je pense à toi !)

► Aérer 15 minutes tous les jours

Oui, bon, ça on le sait tous, « aérer sa maison tous les jours c’est important », elle ne nous apprend rien là la Marine. Oui mais moi je ne le faisais jamais, et depuis que je m’y suis mise ça a donné un nouveau souffle à mes matins ! Un nouveau souffle, oui oui, merci le jeu de mots 😉 Avec l’impression de nettoyer mon appart des mauvaises ondes, de balayer les choses anciennes et de repartir de bon pied. C’est vraiment l’impression que ça me fait ! Evidemment c’est encore mieux les matins ensoleillés, lorsque les rayons rentrent impunément te chatouiller le nez.

► Planifier des sorties : salon bien-être, conférences, librairie, piscine…

Il y a une sorte d’excitation évidente à placer dans sa semaine une petite soupape de décompression, un événement inhabituel à atteindre dans « x dodos ». Cette semaine par exemple, ma maman et moi nous étions inscrites à une sortie sur les plantes sauvages médicinales, dont j’avais vraiment hâte d’aller. Il y a eu aussi ce salon bio et bien-être qui me tentait beaucoup, cette rencontre littéraire à ma nouvelle librairie préférée, cette conférence sur les monnaies locales… Ce peut être aussi ce verre en terrasse planifié avec un•e ami•e. Bref, tous ces petits points d’orgue qui te donnent le sourire aux lèvres et un but à tes journées.

► Enrichir ma culture personnelle

J’ai souvent des passades monomaniaques à propos de pleins de sujets différents, qui vont des fermentations en tout genre (kéfir, lactofermentation, levain…) à la permaculture en passant par la saponification à froid et la zététique (mon nouveau sujet de prédilection, qui m’a été inspiré par le très pointu blog d’Irène). Lire, apprendre et comprendre de nouveaux concepts/choses/théories/techniques, me plonge dans un état jubilatoire avancé allant de l’enthousiasme le plus simple à l’excitation extrême de tenir quelque chose d’extraordinaire. On a la chance aujourd’hui, grâce à internet, d’avoir accès à absolument toutes les ressources disponibles sur un sujet donné, et c’est vraiment précieux

► Lire quelques pages (et plus si affinité…) tous les jours

Lire me procure un plaisir fou, est-il encore besoin de le mentionner ? 😀 Je me sens ensuite plus calme et disposée

► Aller faire mes courses au magasin bio

Ce point rejoint quelque peu mes sorties à la bibliothèque (oui j’appelle ça des sorties, carrément. Honte de rien) : j’A-DORE aller faire mes courses dans les magasins bio. Surtout dans les Biocoop qui possèdent des étagères en bois et où une bonne odeur d’huiles essentielles t’assaille dès ton arrivée dans les lieux. C’est simple, aller acheter mes graines (#humour) et mes légumes hebdomadaires me donne l’impression d’aller faire une randonnée et de respirer l’air pur de la montagne. Je ne suis pas folle vous savez

 

Et toi petit lecteur, que fais-tu pour cultiver ton écologie intérieure ?

Dis-moi tout !

Dans mes mains (ou comment j’ai renoué avec le Reiki)

Mon arrivée dans ce nouvel appartement ne fût pas de tout repos, comme l’en attestent ces joyeuses péripéties : une chasse d’eau défectueuse dont les eaux me cueillent au point du jour le lendemain de mon emménagement, des voisins bruyants et un vacarme de tous les diables dans les escaliers, une douche bouchée par les cheveux des anciens locataires, un volet roulant bloqué en position ouverte et m’empêchant de fermer l’œil de la nuit, ce même volet à peu près réparé mais dont les interstices laissent passer la lumières des réverbèrent, inondant ma chambre de lumière. Ces petits désagréments que tu aimerais chasser d’un revers de la main, comme une mouche qui bruisse à ton oreille. Ces premiers jours dans ma nouvelle-ville-pour-6-mois ont été assez éprouvants, c’est peu de le dire.

C’est qu’au bout d’un moment, même une tablette de chocolat noir bien corsé ou un pot de purée de cacahuètes crémeux mangé à la petite cuillère ne peuvent plus rien pour toi. (j’ai essayé, croyez-moi)

C’est à ce moment que le Reiki s’est rappelé à moi, lui que j’avais un peu délaissé ces derniers mois (ou disons-le : année(s)). Je me souviens de mon initiation au premier degré comme un jour ensoleillé et plein de bonnes ondes. Sur le moment j’étais enthousiaste, presque exaltée, de rentrer dans ce monde magique. Et puis, passés les 21 jours d’auto-traitement que j’avais suivis et réalisés chaque jour scrupuleusement, je n’ai plus trouvé le temps. J’ai posé un peu moins les mains, puis plus du tout pendant un certain temps. J’y pensais pourtant souvent, mais comme d’une chose un peu éloignée, une activité à reprendre plus tard. (on remet trop de choses au lendemain)

J’ai trouvé que c’était le moment parfait pour m’y remettre, de toute façon ça ne pouvait pas aller plus mal, aha. A ma grande surprise je n’avais rien oublié, mes mains ont retrouvé les positions toutes seules. Comme le vélo. J’ai senti la chaleur me traverser, et des fourmillements dans les jambes comme cela m’était déjà arrivé. Après ces retrouvailles j’ai dormi comme un bébé, et les jours qui ont suivi aussi.

Le lendemain, j’ai retrouvé une amie chère perdue de vue depuis plus d’un an, rencontrée via son blog. Celle-là même grâce à qui j’avais justement découvert le Reiki quelques années plus tôt. Elle est réapparue dans ma vie (comme par enchantement ?) au moment où je m’y attendais le moins, comme envoyée par l’Univers.

Quelques jours plus tard, un dimanche, en foulant les pavés de ma nouvelle ville je suis tombée sur une jolie boutique violette au doux nom d’Agapanthe (j’étais persuadée que c’était une déesse… apparemment non). En m’approchant, je découvre que c’est un cabinet de Reiki… Eh oui !

Et puis, lors de ce salon du Bien-être et de la Santé au naturel en Mayenne, je rencontre… la propriétaire de ce joli lieu. Décidément, le Reiki me suit partout. On discute pas mal de choses et d’autres et le courant passe, je décide de prendre rendez-vous pour la semaine suivante.

Je suis sûre qu’il a encore de belles choses à m’apporter…  alors c’est décidé, cet été je passe mon second degré !

Vivre, vraiment.

Alice je ne la connaissais que vaguement, d’assez loin. Enfin je dis « connaître », mais ce n’est pas vraiment le terme. J’avais découvert son blog La fabrique de Lilikus il y a quelques années, j’y passais de temps en temps. Sur Instagram, aussi. On a souvent l’impression de « connaître » une personne, à force de la côtoyer de près ou de loin sur les réseaux sociaux. Bref, dans ma tête, Alice était un visage familier. Alors, lorsque j’ai appris la nouvelle de sa maladie, ça m’a fait tout drôle.

On lit souvent des témoignages de personnes confrontées à la mort, à la maladie ou bien à un événement traumatisant, qui prennent soudain  conscience que la vie n’est pas éternelle, que c’est une bougie dont la petite flamme vacille au moindre souffle de vent. Des personnes qui se sont rendues compte que la vie qu’elles menaient jusque-là ne leur convenait pas vraiment et n’était qu’un leurre, qu’elles s’étaient contentées de vivre jusqu’ici en pilotage automatique. La vie d’un autre. Mais pas la sienne.

Lorsque j’ai appris cette nouvelle, donc, j’ai eu comme un électrochoc. Je me suis demandé si, moi aussi, je ne vivais pas la vie d’une autre. J’en avais lu beaucoup de ces témoignages, sans m’en sentir touchée outre mesure. je me disais que ces événements étaient trop éloignés de moi, de ma vie, et que je n’aurais jamais à vivre ça. C’est souvent ce qu’on pense je crois : « Ça n’arrive qu’aux autres. » Je n’avais jamais pris conscience, dans ma tête et dans mon corps, de la fragilité de la vie. Or, le fait que cette chose arrive à une jeune femme que j’avais l’impression de connaître, à semblé soudain encore plus réel que ces événements que j’avais suivis de loin, au détour d’un article sur le vaste monde qu’est internet.

J’ai pris conscience que non, « ça » n’arrive pas qu’aux autres, et bizarrement ça m’a donné des ailes pour prendre plus au sérieux ce que je souhaitais réellement devenir. Soudain j’ai pensé : « Et si ça m’arrivait, à moi ? Si je devais mourir demain (désolée Alice. Je sais que toi tu vas t’en sortir ♥), regretterais-je mes choix ? ». Je sais déjà depuis quelques années que le métier auquel me destinent mes études ne me convient pas, et ce n’est plus un secret pour personne (sauf bien évidemment, hum, mon maître de stage). Je me force jusqu’au diplôme, mais le cœur n’y est pas (encore quelques mois…). Pourtant ce jour-là, j’ai enfin compris qu’il fallait s’écouter, soi, et personne d’autre.

Et vivre, vraiment.

J’ai écrit cet article à chaud, sans presque me relire. Moi qui avais du mal à revenir sur le blog et même à écrire tout court, j’ai ressenti le besoin pressant de venir ici écrire ces mots, comme une digue qui cédait. J’espère qu’il n’y aura pas trop de fautes…

Tibicos

Il y a quelques semaines, j’ai adopté un nouveau compagnon : il n’aboie ni ne ronronne (ça ne m’aurait pas déplu pourtant) (et il ne perd pas ses poils, ce qui en fait un compagnon idéal) mais fait beaucoup de bulles, pour mon plus grand plaisir. Non, ce n’est pas un poisson non plus. Car voilà, l’étrange animal dont il est question se nomme… du kéfir de fruit. Cet amas de bonnes levures et bactéries est un terreau fertile de pré et pro-biotiques, et est réputé excellent pour la santé (peau, cheveux, allergies….). Mais moi, ce que je préfère – outre son délicieux goût fruité et pétillant – c’est le regarder buller dans son bocal ! J’A-DO-RE.

J’en cherchais depuis un moment, après l’avoir découvert il y a quelques années lorsque j’étais encore lycéenne. Une gentille dame m’en avait envoyés par la poste, déshydratés, mais je crois qu’ils n’étaient pas très en forme. La preuve : ils moururent quelques semaines plus tard, me laissant désemparée. Ce fût le début de mon amour pour la fermentation.

Et puis il y a peu, nouvelle lubie comme il m’en arrive souvent, j’ai décidé de m’y remettre. Coïncidence-je-ne-crois-pas, sur Leboncoin je suis tombée sur l’annonce de mon ancien prof d’Allemand ! Sehr lustig en effet. Lequel m’a gentiment offert dans un petit pot ces petites graines magiques.

Depuis, mon petit tibicos (c’est son autre nom mexicain, mais il en a des dizaines d’autres) grandit à merveille et fait la joie de ses parents (enfin surtout de la mienne, mais son papa humain en a aussi réclamé pour en avoir tout à lui). Il se multiplie à l’infini, et semble beaucoup aimer son petit régime à base de Rapadura. Je vais bientôt pouvoir en offrir et propager la bonne parole, ahah. Share the love qu’ils disent.

Kéfir de fruit – recette de base

J’utilise deux gros bocaux de compote d’1.075 kg, un servant à la première fermentation (F1) et l’autre à la deuxième (F2).

  • 3 cuillères à soupe de grains de kéfir de fruit
  • 2 grosses cuillères à soupe de sucre complet type Rapadura
  • 2 figues impérativement bio
  • 1 petit citron BIO coupés en rondelles (c’est très important ! Le kéfir étant sensible aux pesticides, cela risquerait de le tuer… et ce n’est pas ce qu’on veut n’est-ce pas ?)
  • de l’eau déchlorée (eau du robinet mise à bouillir puis refroidie)

Préparation (F1) :

Dans un des bocaux, verser un peu d’eau au fond puis déposer avec une cuillère en bois les grains de kéfir, le sucre, les figues et le citron.

Compléter avec de l’eau, sans remplir complètement le bocal (laisser environ 2 cm pour permettre au gaz de s’échapper). Fermer avec un couvercle ou bien avec une gaze et un élastique, cela n’a pas vraiment d’importance.

La suite des opérations (F2) :

Environ 48h après la première opération, et quand les figues sont remontées à la surface, filtrer la boisson dans le deuxième bocal à l’aide d’une petite passoire fine en plastique.

Presser le citron dedans, jeter les figues et relancer une fermentation, ou bien conserver les graines dans un petit bocal en verre avec de l’eau et 2 cuillères à café de sucre. Elles pourront rester au repos plusieurs semaines dans le réfrigérateur.

Enfin, laisser à température ambiante pendant environ 24h pour une deuxième fermentation avant de mettre au frigo. Lors de cette deuxième phase, plusieurs solutions s’offrent à vous : laisser comme ça, ou bien ajouter quelques morceaux de fruits et/ou herbes pour le goût. Faites jouer votre imagination !

Quelques idées d’association :

  • framboises, fraises… lorsque c’est la saison
  • morceaux de pêche et feuilles de verveine
  • curcuma/bâtons de gingembre frais
  • rondelles de citron/basilic frais

Bon, alors. Je récapépète, pour ceux qui n’auraient pas suivi : 48h de F1 avec les grains/figues/citron + 24h de F2 après filtration + 3-4 jours au frigo pour « arrêter » la fermentation (et déguster une délicieuse limonade/cidre artisanal).

Et vous, vous connaissiez le kéfir ? Vous en avez déjà goûté ?

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