Bref, je suis diplômée.

Pour la première fois de ma vie, septembre ne signifiera plus la découverte de nouveaux professeurs et d’un emploi du temps bien chargé, de nouvelles amitiés ou de connaissances à avaler. Voilà, c’est fini : après six ans de bons et loyaux services, je tire ma révérence aux études supérieures. Je n’en reviens toujours pas. Vingt-et-un ans d’école maintenant derrière moi, et une page qui se tourne. Plus de cartable, d’agenda à choisir, et de copies grands carreaux à acheter. Je ne saurais même pas dire avec certitude ce que j’éprouve, alors que tout le monde semble si enthousiaste et content pour moi. Entre fierté d’être allée jusqu’au bout et résignation à exercer un métier qui ne m’attire pas particulièrement, mélancolie des bons moments passés et soulagement d’en être enfin sortie, méli-mélo de sentiments antagonistes.

Et après…?

Il me faut maintenant m’atteler à la recherche d’emploi, puisqu’il me semble que c’est là le but ultime de toutes ces années. Entrer dans le marché du travail comme dans une arène, faire parti du petit monde bien huilé des jeunes cadres dynamiques (ce qualificatif maintes fois entendu, asséné d’un ton mi-sérieux mi-ironique de la bouche des professeurs) qui se lèvent chaque jour pour gagner leur vie. Métro-boulot-dodo ? Oh pitié, faites que ce ne soit pas le cas.

Croyez bien que si ça ne tenait qu’à moi je resterais encore un peu dans le doux monde estudiantin, peuplé d’une toute relative insouciance et de soirées à refaire le monde un verre de bière à la main (mes années dans le Nord ont laissé des traces, comme vous pouvez le constater). Parfois je rêve de rester à la maison, à profiter encore un peu de l’Automne avant le grand emballement, entre lecture dans le canapé à regarder de temps en temps par la fenêtre, confection de gâteaux et brioches et promenades dans la nature. Je ne rêve pas d’une grande carrière, suis-je anormale ? Juste d’un boulot qui me laisserait du temps pour moi, pour faire des choses qui me font du bien et me font me sentir vivante.

Il n’est pas encore venu, le temps où je saurai exactement ce que je veux faire.