Carte postale

Je crois qu’on a tous une ville à laquelle on est particulièrement lié, pour cause de souvenirs d’enfance, de quelques années passées pendant ses études ou de rencontre de son premier amour… Un endroit cher à notre cœur pour toutes ces raisons, souvenirs d’une autre époque que les brumes du temps n’enfouiront jamais.

Petits nous passions toutes nos vacances d’été ici, chez notre grand-mère, dans cette petite station balnéaire de Vendée. Entre sable blond et crème solaire, je me souviens toujours du voyage en voiture pour venir jusqu’ici. Il faisait souvent très chaud, nos vêtements s’effeuillaient au fil des heures et au grès des chansons qui défilaient à la radio. Un short par ci, une chaussette par là, nous laissant à la fin aussi peu vêtus et légers qu’un souffle de vent. Je souris de cet épisode estival déjà révolu, alors que dehors la pluie tambourine aux carreaux et que les feuilles tombent déjà.

Il y avait les impatients et universels « Quand est-ce qu’on arriiiive », évidemment, et nos chamailleries de gosses laissant nos parents fatigués. Cette phrase que notre père nous demandait de dire à notre grand-mère, parce qu’il aimait la taquiner, Mamie qu’est-ce que tu as encore cassé pendant qu’on était pas là ?, plus difficile à répéter qu’elle n’y paraît pour les petits que nous étions. Alors je m’appliquais à la répéter dans ma tête, encore et encore, jusqu’à la savoir par cœur et en restituer chaque mot, sans fautes.

Nous y sommes retournés récemment pour un petit weekend – je n’y étais pas allée depuis cet été – pour un retour aux sources plus-que-bienvenu. Adieu cônes glacés et ciels d’Azur, sur la plage les bambins en maillot ont laissé place à des adultes en anorak, vaste ballet du temps qui passe. Et puis nous sommes rentrés prendre le thé, où une pile de crêpes nous attendait sur la table. Passée la porte, une délicieuse odeur nous chatouillait déjà les narines, nous faisant nous hâter pour la dégustation. On a fait jouer les cuillères dans le pot de confiture d’abricot, entre la pluie de sucre en poudre et les carrés de chocolat.

Ensuite on est rentré tout court, chez nous je veux dire, dans la nuit qui tombait déjà. Il suffit parfois de quelques jours au vert pour repartir du bon pied.