Pensées Archives - Chuchotis Marins

Pensées

Rituels

Dans les magazines, elle fait toujours figure de fléau à éradiquer, de bête sournoise à abattre. Pourtant c’est si joli la routine, c’est musical : rrrou-tine. Ça tinte aux oreilles comme une poignée de perles, c’est une comptine qu’on chuchote à l’oreille d’un enfant, rout-ine, routinette. Petite route rassurante semée de velours et de certitudes, dans un monde chaotique en perpétuelle agitation. Et moi je trouve ça dommage, toutes ces critiques à son égard. Je suis de celles qui cultivent et chérissent ces constantes quotidiennes, comme un trésor un peu honteux qu’il est de bon ton de mépriser.

Il y a, d’abord, la routine de la semaine à base de réveils difficiles, empreintes laissées du weekend. Main dans la main, yeux collés de sommeil, seuls contre le reste du monde (c’est-à-dire : ce foutu réveil qui continue de tonitruer). Ce sont les petits-déjeuners rapides parce qu’il ne faut surtout pas rater le tramway, les tartine à la confiture de fraise ou les petits pains avalés à la va-vite alors qu’on voudrait prendre le temps, c’est la cafetière et son long ronronnement vrombissant, la bouilloire chuintante et les miettes qu’il faut ramasser. C’est toujours le même chemin, le cliquetis du badge pour sortir, les chats sur les fenêtres à saluer ou à caresser, le tunnel qu’il faut passer, marcher, marcher jusqu’à l’arrêt, courir parfois quand le temps nous rattrape. Les jours égrenés sur le calendrier, lundi-mardi-mercredi-jeudi-vendredi. Et puis, le rituel du vendredi soir qui n’en est pas encore un mais qu’on voudrait très fort voir revenir, le cours de sophrologie.

Puis vient samedi-jour-de-marché, rassembler les sacs en tissus et le porte-monnaie, abandonner l’électronique pour un temps, renouer avec les pièces sonnantes et trébuchantes. Le poids de l’argent dans la main. Chaque semaine retrouver ‘notre’ petit producteur et sa sœur, celui qui est toujours heureux de nous voir revenir et ne nous compte même pas les centimes. Les nouveaux légumes ramenés à la maison sur ses conseils avertis, le muscadet à apprivoiser et cuisiner (« tu m’en diras des nouvelles, c’est un délice, encore plus fin que le potimarron ! »)(Et moi, étonnée de trouver un concurrent à mon potimarron que j’aime tant, que je croyais Roi de l’automne).

Qu’il est bon de compter sur ces petits rituels qui jalonnent l’existence, aventuriers du quotidien, courageux mais pas téméraires.

Et vous, aimez-vous être rassurés par une routine ? Quels sont vos rituels des jours qui passent ?

Les petits pas

La sœur de ma maman, elle ne va pas très bien. C’est une histoire pas très drôle, de celles qu’on aimerait éviter d’entendre. Elle s’est mise à broyer du noir, ou à concasser du gris, selon les jours. C’est un peu comme basculer l’interrupteur du côté obscur, ou bien comme des petits cailloux dans une chaussure. Ça pique et ça gêne, ça fait perdre l’équilibre et on ne peut plus marcher droit. Alors on se raccroche aux petites choses, comme on peut.

L’autre jour on a décidé d’aller se promener au bord de la mer, parce que je ne connais rien de plus efficace qu’une balade au grand air pour chasser tous ses soucis – surtout en bord de mer. Il faisait beau ce jour-là, ce qui était assez rare à cette période, alors on s’est laissées chauffer la peau par le soleil. Il y avait du vent, aussi, et c’était comme si l’herbe chantait.

Et puis on a vu un champ très beau rempli de coquelicots comme des touches de peinture, et des potimarrons qui poussaient. On s’est arrêtées devant pour les contempler, parce qu’on était très étonnées de voir déjà des potimarrons, alors la vieille dame s’est approchée de nous avec sa canne. Oui elle a dit, ils pointent déjà le bout de leur nez. Elle a ajouté qu’il fallait replanter de nouvelles graines tous les ans, à cause de l’hybridation. J’ai noté tout cela dans ma tête, pour plus tard, dans le petit carnet virtuel de mon esprit. On a parlé de choses et d’autres pendant un petit moment, en savourant la connexion entre nous, comme si nous nous trouvions exactement là où il fallait. On lui a dit au revoir et on a continué notre chemin, trois silhouettes au bord de l’eau.

Il suffit de peu pour laisser, pendant quelques heures, ses cailloux au bord du chemin : un champ de potimarrons, une vieille dame qui raconte, du vent dans les cheveux et une limonade.

Dernières trouvailles bloguesques inspirantes !

A l’heure actuelle je ne lis plus qu’une petite poignée de blogs, de jolis espaces virtuels dont les mots me touchent et dont je ne manquerais la lecture pour rien au monde. Ils sont simples et poétiques, ils racontent la vie et ses aspérités mais rendent tout ça plus joli : finalement ils me font du bien, nourrissent ma curiosité intellectuelle et ma soif d’apprendre. Loin de tout marketing qui fleurit malheureusement un peu trop, ils n’ont rien à vendre mais tout à raconter et à partager avec générosité.
Ces jolis endroits occupaient mes favoris depuis un petit moment. J’ai eu l’envie soudaine de les partager avec vous, afin qu’ils ne prennent pas seulement la poussière dans mon ordinateur mais diffusent aussi chez vous un peu de leurs paillettes. Le bonheur, ça se partage !

* Papillon Papillonnage

J’ai découvert l’univers de Sybille dans un numéro de Flow (le magazine), et je suis tout de suite tombée sous le charme de son univers poétique. Papillon papillonnage est un blog plein de mots doux et terriblement justes qui viennent se loger en plein cœur, mais se sont aussi ses délicates illustrations au trait minimaliste.

Sybille tient aussi une boutique de papeterie et petits objets, et moi je ne peux résister à tant de mignonnerie. Hop! ni vu ni connu j’ai enfoui dans ma besace une chouette petite carte à coquelicots et deux adorables tampons pour tamponner toutes mes enveloppes. Les destinataires de mes cartes seront ravis !

* Ne Paniquez-pas

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur ce blog doux et chaleureux, au cours de mes quotidiennes pérégrinations sur le web. J’aime ces découvertes aussi évidentes qu’inattendues, qui brise un peu le flux continu de l’instant. Ne-paniquez-pas (nous l’appelleront comme ça, je ne connais son prénom) attend une petite grenouille et lui écrit souvent, mais ce n’en est pas pour autant un blog maternité. Il y a un peu de tout dedans, mais surtout plein de petites réflexions, d’amour et de lumière : c’est aussi beau et réconfortant qu’une tartine de purée d’amande à l’heure du goûter.

* Conscience Quantique

Crédit illustration : Conscience Quantique

C’est cette fois grâce à la page Facebook du magazine Kaïzen, dont je suis abonnée, que je suis tombée sur le petit monde fabuleux d’Art-mella (Facebook a parfois du bon, quoi que l’on en dise…). La jeune femme est une talentueuse artiste-illustratrice passionnée par le développement personnel et les mystères de l’humain, et l’article partagé mettait en avant un extrait du tome 2 de sa BD intitulée Émotions : enquête et mode d’emploi.

Cela m’a bien sûr donné envie de découvrir son travail. J’ai passé de longues minutes à me promener d’articles en articles, tous plus inspirants les uns que les autres et qui donnent matière à réflexion.Qui suis-je, Qu’est-ce qui me rend heureux ?, Comment puis-je communiquer avec les autres ?… Je partage avec vous une de ses réflexions qui m’a beaucoup touchée, c’est par ici : Osons être magnifiques !

Allez vous faire lire !

Découvert chez Pauline d’Un invincible été, Allez vous faire lire ! est un blog spécialisé littérature jeunesse et en passe de devenir mon favoris des favoris (un jour il faudra que je vous parle de mon amour pour la littérature jeunesse…). Pas que j’en lise des tas mais celui-là, en plus de son humour, a ce petit truc spécial qui pousse à la réflexion et l’analyse de ses lectures, ce que je ne prends malheureusement pas souvent le temps de faire. C’est ainsi qu’après lecture d’un de ses articles sur la critique littéraire, il m’est venu l’idée de m’essayer à cet art difficile. C’est aussi grâce à elle que je me suis mise à tenir un Journal de lecture, ce qui est en soi une idée tout à fait géniale pour le petit bookworm que je suis.

Il y a de ces blogs qui m’enthousiasment au plus haut point et me donnent l’impulsion nécessaire de devenir une meilleure version de moi-même : celui-là en fait assurément partie. Le nom est juste parfait et pour moi, une personne qui écrit à propos d’une BD : « Björn, ce n’est rien qu’une petite boule d’amour. Un nid en coton dans lequel on a envie de tortiller son derrière pour trouver la sensation du parfait écrin dans lequel s’endormir le sourire aux lèvres. » ne peut qu’être au comble de la coolitude !

J’espère que vous aurez fait de belles découvertes, aussi n’hésitez pas à partager en commentaires vos favoris afin que j’en découvre de nouveaux

Mots d’été



Ce matin, j’ai reçu une visite lumineuse.

 
Il a traversé la fenêtre, sans un bruit, comme un vagabond volant une miche de pain négligemment posée sur une table.
 
Je l’ai aperçu dans le miroir alors que je peignais mes cheveux, regard furtif aux yeux d’or.  
Il a paru surpris de me voir, croyant sans doute trouver la maison vide.
 
Il a paru intimidé, puis s’est posé sur ma joue – douce caresse -, sur ma main et mon épaule, comme pour me dire qu’il ne m’en voulait pas d’avoir découvert ses visites secrètes. Habit de lumière sur  peau nue. 
 
Il est allé prendre place sur le fauteuil près de la fenêtre, sans bouger, m’observant vaquer à mes occupations d’été.
 

Et puis sans un mot, comme un vieil ami qui prend congé, l’astre solaire s’est évanoui.

Chers vous qui me lisez,

Je reprends doucement le chemin du blog, que je n’avais pas totalement abandonné physiquement (le dernier article n’a que deux semaines en fin de compte !) mais par l’esprit. J’avoue l’avoir totalement occulté ces deux dernières semaines, pour me consacrer corps et âme à mes derniers exams de l’année. C’est que je ne tiens pas spécialement à revenir en Août pour les rattrapages, voyez-vous.Mais voilà, les derniers partiels terminés, l’année est enfin bouclée ! Je me réjouis déjà des jours dorés qui m’attendent, plein d’expérimentations culinaires, de lectures tirées de ma liste-de-titres-à-lire-AB-SO-LU-MENT (il y a beaucoup trop de tirets dans ce terme), de rooibos glacé et de repos. C’est la perspective de ce chouette programme qui m’a fait tenir, durant ces derniers jours où il m’a fallu tout donner pour atteindre la ligne d’arrivée.

Aussi, quelque chose de nouveau se trame par ici, et je fais de petits bonds d’impatience à l’idée de vous en parler. Dans les coulisses, à l’abri des regards, le blog se transforme, se pare de brises marines et renaîtra dans quelques temps. Nouvelle plateforme, un nom de domaine rien qu’à moi et… nouveau nom ! Après plus de deux années à vivre sa petite vie dans cet endroit, la chenille se transforme enfin en un joli papillon prêt à vous chuchoter toutes sortes de mots, photos, recettes et petites histoires.

Stay tuned ! 

 

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Oh, at(temps) un peu…

S’il y a bien une chose qui m’angoisse au delà du raisonnable, c’est l’impermanence des choses. Les marques du temps qui passe. Je n’aime rien moins que les fissures dans les murs, les volets écaillés et les départs des gens que j’aime.
La vieillesse me fait peur. Pas la mienne, pas encore, mais celles des objets, de la matière, des situations même. Cette pente invisible et inéluctable que nous fait dévaler le temps contre notre grès, à toute vitesse et sans branches amies auxquelles se raccrocher. Nous sommes des jouets dans le tourbillon de la vie. J’ai toujours eu du mal avec l’imperfection, les cicatrices, enfin tous ces petits signes du temps qui passe et nous rappelle que rien n’est éternel.
Comme si tout devait rester figé dans son essence. Ne pas bouger, ne pas évoluer sous peine de se fissurer instantanément. Je crois que ça a quelque chose à voir avec mon côté perfectionniste, mon besoin de stabilité et de contrôle que je cherche pourtant à maîtriser (ce paradoxe…). J’essaye chaque fois de me raisonner bien sûr, de voir le bon côté de tout ça, parce qu’après tout c’est ça la vie : les changements, les bascules, les virages à 90°, le mouvement perpétuel.

C’est un fait, rien ni personne ne peut y échapper à moins de vivre dans le musée de ses pensées ou de ses souvenirs. Mais c’est un peu triste, quand même.

Toujours, je ne peux m’empêcher de penser à… l’après. A chaque début, chaque commencement, j’envisage la fin, inéluctable. Comment goûter l’instant avec légèreté, comment absorber le moment présent sans penser à la suite, et gâcher le plaisir des retrouvailles ?
Je pense déjà à  « Tu me manques », alors qu’il est là, à côté de moi.

Dis, toi aussi parfois tu ressens l’angoisse du temps qui passe ?
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