Pensées Archives - Page 2 sur 9 - Chuchotis Marins

Pensées

Mots d’été



Ce matin, j’ai reçu une visite lumineuse.

 
Il a traversé la fenêtre, sans un bruit, comme un vagabond volant une miche de pain négligemment posée sur une table.
 
Je l’ai aperçu dans le miroir alors que je peignais mes cheveux, regard furtif aux yeux d’or.  
Il a paru surpris de me voir, croyant sans doute trouver la maison vide.
 
Il a paru intimidé, puis s’est posé sur ma joue – douce caresse -, sur ma main et mon épaule, comme pour me dire qu’il ne m’en voulait pas d’avoir découvert ses visites secrètes. Habit de lumière sur  peau nue. 
 
Il est allé prendre place sur le fauteuil près de la fenêtre, sans bouger, m’observant vaquer à mes occupations d’été.
 

Et puis sans un mot, comme un vieil ami qui prend congé, l’astre solaire s’est évanoui.

Chers vous qui me lisez,

Je reprends doucement le chemin du blog, que je n’avais pas totalement abandonné physiquement (le dernier article n’a que deux semaines en fin de compte !) mais par l’esprit. J’avoue l’avoir totalement occulté ces deux dernières semaines, pour me consacrer corps et âme à mes derniers exams de l’année. C’est que je ne tiens pas spécialement à revenir en Août pour les rattrapages, voyez-vous.Mais voilà, les derniers partiels terminés, l’année est enfin bouclée ! Je me réjouis déjà des jours dorés qui m’attendent, plein d’expérimentations culinaires, de lectures tirées de ma liste-de-titres-à-lire-AB-SO-LU-MENT (il y a beaucoup trop de tirets dans ce terme), de rooibos glacé et de repos. C’est la perspective de ce chouette programme qui m’a fait tenir, durant ces derniers jours où il m’a fallu tout donner pour atteindre la ligne d’arrivée.

Aussi, quelque chose de nouveau se trame par ici, et je fais de petits bonds d’impatience à l’idée de vous en parler. Dans les coulisses, à l’abri des regards, le blog se transforme, se pare de brises marines et renaîtra dans quelques temps. Nouvelle plateforme, un nom de domaine rien qu’à moi et… nouveau nom ! Après plus de deux années à vivre sa petite vie dans cet endroit, la chenille se transforme enfin en un joli papillon prêt à vous chuchoter toutes sortes de mots, photos, recettes et petites histoires.

Stay tuned ! 

 

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Oh, at(temps) un peu…

S’il y a bien une chose qui m’angoisse au delà du raisonnable, c’est l’impermanence des choses. Les marques du temps qui passe. Je n’aime rien moins que les fissures dans les murs, les volets écaillés et les départs des gens que j’aime.
La vieillesse me fait peur. Pas la mienne, pas encore, mais celles des objets, de la matière, des situations même. Cette pente invisible et inéluctable que nous fait dévaler le temps contre notre grès, à toute vitesse et sans branches amies auxquelles se raccrocher. Nous sommes des jouets dans le tourbillon de la vie. J’ai toujours eu du mal avec l’imperfection, les cicatrices, enfin tous ces petits signes du temps qui passe et nous rappelle que rien n’est éternel.
Comme si tout devait rester figé dans son essence. Ne pas bouger, ne pas évoluer sous peine de se fissurer instantanément. Je crois que ça a quelque chose à voir avec mon côté perfectionniste, mon besoin de stabilité et de contrôle que je cherche pourtant à maîtriser (ce paradoxe…). J’essaye chaque fois de me raisonner bien sûr, de voir le bon côté de tout ça, parce qu’après tout c’est ça la vie : les changements, les bascules, les virages à 90°, le mouvement perpétuel.

C’est un fait, rien ni personne ne peut y échapper à moins de vivre dans le musée de ses pensées ou de ses souvenirs. Mais c’est un peu triste, quand même.

Toujours, je ne peux m’empêcher de penser à… l’après. A chaque début, chaque commencement, j’envisage la fin, inéluctable. Comment goûter l’instant avec légèreté, comment absorber le moment présent sans penser à la suite, et gâcher le plaisir des retrouvailles ?
Je pense déjà à  « Tu me manques », alors qu’il est là, à côté de moi.

Dis, toi aussi parfois tu ressens l’angoisse du temps qui passe ?

Déambulation par belle soirée de mai


Je vous écris à cette heure de la journée où la chaleur est écrasante, les volets doucement clos pour tenter de conserver le peu de fraîcheur qu’il reste, dérangée de temps à autre par quelque courant d’air égaré.

Il y a quelques jours, j’ai ressorti cette crème à l’iris dont l’odeur me rend dingue. C’est une crème d’été, parce qu’elle en a l’odeur et que sa légèreté ne convient pas vraiment au reste de l’année. Alors je la remise au placard en attendant les beaux jours. Je l’avais un peu oubliée à vrai dire, quand je l’ai retrouvée par hasard j’ai murmuré dans ma tête avec cet air d’étonnement, « tiens, tu es là toi ? ».

Elle sent divinement bon.
Genre vraiment vraiment vraiment vraiment vraiment,
BON.

Si bien que je pourrais passer la journée à me shooter à l’odeur (c’est un peu fou vous en conviendrez), si je n’avais autre chose à faire tel que : faire une lessive/un gâteau/mes devoirs/lire un livre.

Un soir avec mon amoureux (qui est merveilleux l’ai-je déjà dit ?), on est sortis prendre des photos. C’était en semaine, le soleil couchant cognait contre la fenêtre comme pour nous inviter à le rejoindre, et je me suis dit que la lumière devait être drôlement belle dehors. Alors on a mis nos chaussures et on est partis comme ça, en laissant tout en plan pour ne pas rater la lente descente de l’astre, les assiettes sales sur la table attendront oh!
C’était bien, c’était parfait, on a marché un peu puis pris les fleurs en photos. Après c’était notre tour, on a fait les fous derrière l’objectif en prenant des poses et je me suis laissée faire alors que je déteste ça.

Et puis retrouver les joies du marché du samedi matin, ce qui est drôlement chouette aussi, surtout quand le soleil nous fait l’honneur de sa présence. C’est comme un rendez-vous qu’on avait un peu oublié et qu’on est heureux de retrouver, c’est un festival d’odeurs et de couleurs qu’on a envie d’étreindre et de toucher. C’est l’arrivée tant attendue des fraises, celles dont on se réjouit bien à l’avance parce que ce sont les premières de la saison, – ça y est elles sont là ! Sans oublier la rhubarbe ramenée par fagots rougeoyants, et qui finira sans doute en compote embaumant délicieusement l’appartement.

C’est beau la vie



Et vous racontez-moi, c’est quoi vos petits bonheurs des jours qui rallongent ?

Cette semaine j’ai…

Eu l’impression de passer ma vie dans les trains à sauter d’un wagon à l’autre (mais c’était bien), suis passée devant des kilomètres de paysages et ai traversé la France en long avant de remonter tout au Nord. Apprécié ces quelques heures de vacuité forcée sans culpabilité, sans chercher à les combler davantage qu’en prenant et reposant à intervalles réguliers ma lecture en cours.
Pris le soleil en Corrèze et le vent en Normandie, et non le contraire – voilà qui aurait été étonnant. Visité des falaises et des jardins, appris à jouer aux échecs et à l’Awalé (c’est un petit jeu très simple et assez amusant qui vient du Togo, avec de jolies billes vertes qui poussent sur un arbre dans une longue boîte en bois qui s’ouvre en deux).
Me suis réjouie de l’arrivée de la rhubarbe sur les étals des marchés, et des petites crèmes au lait d’amande qui s’en sont suivies. J’avais beaucoup d’a priori sur la préparation de cette polygonacée, en fait c’est très simple : on coupe l’extrémité, on épluche/effile succinctement avant de couper en tronçons puis de laisser reposer une petite heure sous un doux manteau de sucre. Un peu long peut-être, mais pas compliqué. 
Donné une seconde chance à une oeuvre que je n’avais pas eu le courage de poursuivre il y a quelques années déjà, piochée dans ma bibliothèque personnelle un soir de désœuvrement. La maturité ou le recul ayant probablement fait leur oeuvre, ce roman de Camus est en fait une bonne surprise que je me plais à (re)lire. Un style austère et une écriture simple à la limite du dépouillement, des personnages qui ne laissent que très rarement transparaître leurs émotions.

Me suis préparée aux présidentiellesC’est un peu bête, mais je ne m’étais jamais trop intéressée à la politique jusqu’à cette année, laissant ça aux « autres ». Trop compliqué à comprendre, à des années lumières de mes préoccupations quotidiennes… j’étais cette fille qui, lors de discussions entre amis, n’osait ouvrir la bouche de peur de dire des bêtises plus grosses qu’elle. Et puis, par la force des choses, il a bien fallu que je me familiarise avec le sujet et me renseigne sur les programmes des candidats (la force des choses étant un amoureux commentant à voix haute les programmes des candidats tout en me montrant des vidéos très bien foutues – Osons causer, pour ne pas les citer -) 

Ai gardé l’œil vissé au hublot miniature de mon appareil photo, essayant de capturer aussi souvent que possible des bribes de mon quotidien.

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Et vous votre semaine ?

Mon mec est formidable (si si)

Je ne dis pas ça seulement parce que c’est le mien, et que je l’ai choisi. Mais force est de constater que c’est un amour.

Un soir que je lui demandais ce qu’il voulait boire, et lui ayant déclaré que je me préparais une tisane d’orties, il me répond « the same as you, girl » (oui parce qu’il parle anglais des fois)(il était en train de regarder The Walking Dead en V.O, ceci explique sûrement cela). Je lui ai demandé si j’avais bien entendu, pour être sûre, et il a confirmé. UNE TISANE D’ORTIES. C’est là que je me suis rendue compte que, décidément, cet homme était une perle.

Il fait plein de trucs formidables, comme penser à racheter du beurre de cacahuète quand je n’y pense pas (c’est vachement important) ou bien me demander chaque soir si j’ai passé une bonne journée. En plus, il me garde toujours les pelures d’oignons que j’accumule méthodiquement pour une future teinture de linge végétale. Mais aussi :

Il n’est pas végétarien, ni même végétalien, mais prend toujours ma défense lors des discussions houleuses avec nos amis. Il ne boit plus de lait, et a même déclaré qu’il ne mangerait plus de viande au restau U (oui bon, sauf dans les pizzas et les burgers il a dit. On ne peut pas tout avoir)

Il aime faire les courses au magasin bio, et ne rigole même pas lorsque je sors mes petits sacs en toile pour faire mes achats. Ni quand je lui fait part de mes idées loufoques-écolo-utopistes pour rendre le monde plus beau, avec une candeur exaltée qui me fait faire de grands gestes et accélérer le débit, moi la pas-très-expansive.

Il goûte toujours mes petits plats avec enthousiasme et sans a priori, comme si rien ne pouvait être plus délicieux. Même ceux avec tout plein d’ingrédients étranges dedans aux noms exotiques, même quand le résultat n’est pas à vraiment à la hauteur (c’est de plus en plus rare, heureusement). De ce fait, le miso, gomasio et protéines de soja texturées n’ont presque plus aucuns secrets pour lui. En homme délicat et plein de tact, il ne me dit jamais que c’est immangeable et trouve toujours les mots.

Il se prête de bonne grâce au jeu du mannequin et ne proteste presque pas lorsque je le mitraille sous tous les angles avec mon appareil photo, ou lui demande de reprendre la pose en avançant un peu sur la droite, non là c’était mieux, arrête de bouger s’il-te-plaît.

Enfin, il est remarquablement attentionné, incroyablement patient, romantique à souhait et féministe sur les bords ♥

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