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Pensées Archives - Page 5 sur 10 - Chuchotis Marins

Pensées

Les envies #1

J’ai honteusement copié sur Camille, pardon pardon, mais elle écrit tellement bien Camille qu’on a envie de faire pareil, d’essayer pour voir. Et puis moi aussi j’ai toujours plein d’envies qui se bousculent dans ma tête, souvent j’écris tout dans le bloc-note de mon portable et je fais des listes longues comme des autoroutes pour ne rien oublier. Alors je me suis dit Oui tiens, pourquoi ne pas les écrire ici, peut-être que je me sentirai plus légère comme ça. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas en tout cas.
D’abord j’ai envie d’acheter des figues, toutes rondelettes et tendres à l’intérieur parce que c’est un de mes fruits préférés, mais pas les grosses qui viennent de Turquie et qu’on trouve partout, non non. Peut-être qu’elles sont bonnes aussi hein, je ne dis pas, mais pourquoi diable importer de là-bas ce qui pousse ici-bas. Si je veux acheter ces figues, c’est aussi parce que Cél nous a proposé une délicieuse (enfin, je suppose quelle l’est) recette de scone géant que je meurs d’envie de goûter, parce qu’elle est drôlement douée pour les mots et les images, et que chez elle tout est un petit bonbon pour les yeux et beau pour l’âme. Vous savez, dès qu’elle publie un nouvel article je tressaille, je saute de joie, j’applaudis des deux mains et abandonne tout ce que je suis en train de faire pour crier au génie. Voilà, c’était ma minute fan hystérique mais que voulez-vous, ils me font cet effet-là ses Mots Ailés.
J’ai envie, aussi, de partir en Bretagne et en Italie comme on se l’est promis, à faire des plans sur la comète et à imaginer chacun de nos voyages dans les moindres détails. De rêver à ces belles choses en attendant ton (mon) retour, de m’emplir la tête de paysages peut-être imaginaires. On irait sur la côte pour admirer la mer, à courir sur le sable en étendant les bras et en mangeant des gaufres au sucre dans le froid de l’hiver. On découvrirait tous les deux ce pays solaire qu’est l’Italie, en tout cas c’est comme ça que je me l’imagine, après ce voyage scolaire à Rome qui m’avait tant marquée. On ne ramènerait pas beaucoup de souvenirs dans nos valises mais des glaces plein le ventre, pour que ce petit goût de vacances et de paradis ne nous quitte plus jamais.
J’ai envie d’éteindre mes écrans toute une journée, pour une fois, et de sortir profiter de toutes ces merveilles qui nous entourent et qu’on ne sait plus regarder. Me plonger dans un gros livre qui happerait mes nuits et hanterait mes journées, et me hâter de rentrer le soir pour m’en délecter à nouveau.
Et puis que mes cheveux repoussent et de pouvoir les rattacher comme avant, oui je sais c’est complètement débile puisque je n’arrêtais pas de dire à qui voulait bien m’entendre que franchement, les cheveux courts ça change la vie, c’est génial j’te jure, je ne regrette pas du tout mais alors PAS DU TOUT tu vois, mais que bon finalement ce n’est pas vraiment moi, c’est dur à expliquer mais mes barrettes et mes élastiques me manquent. Oui, même si je les perdais tout le temps et les retrouvais plusieurs semaines plus tard dans des endroit incongrus.

 

Et vous, c’est quoi vos envies ?

Et puis septembre.

Soudain ce fût la fin des longs repas familiaux qui durent jusqu’à l’aube, des pieds enfouis dans le sable et des glaces dégustées face à la mer. S’en est doucement allée cette insouciance estivale des matinées à bouquiner dans les draps encore frais, les retours dans le lit à peine le petit-déjeuner avalé. Se dire qu’on a eu de la chance, vraiment, d’avoir eu pour soi (rien que pour soi) ces deux jolis mois.

Et puis septembre, en clair obscur, joli encore des derniers rayons de soleil, gorgé d’espoir pour l’automne à venir. Tes jours qui dansent encore comme un grand feu follet, avant de déguerpir chaque fois un peu plus vite, un peu plus tôt. Mais profiter encore, fouler les pavés à s’en éreinter les pieds, le sac rempli des victuailles du marché et la tête pleine d’idées fantaisistes. Décider, sur un coup de tête, de s’offrir un joli bouquet de fleurs colorées, pour faire comme si c’était un jour spécial et s’égayer un peu.

Mélancolie des jours solitaires, parfois perdue au milieu de toute cette foule qui n’est pas toi et chercher ton visage. Le manque de toi, le manque de nous et de nos doigts enlacés. Comme une chanson lancinante, mon cœur crie famine à ton absence répétée, qui dure et qui dure et me laisse étourdie. M’enrouler de douceur pour ne plus y penser, en attendant la tienne qui bientôt sera mienne.

Parce que toi sans moi, tu sais, c’est comme une tartine de purée d’amande mais sans purée d’amande, justement. Comme si quelqu’un l’avait grattée, me laissant nue et triste.

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Et rentrée fût faite.

J’avais mis mon portable à sonner à 7h pour le lendemain, avait failli l’éteindre, me ravisai, puis l’éteignis finalement.
Le rallumai, me connectai pour la dernière fois de la soirée (la dernière fois, promis ! me dis-je à moi-même avec conviction) sur Instagram et Whatsapp, le re-éteignis puis le posai sur ma valise-table-de-chevet-à-roulettes jusqu’au lendemain. Une boule au ventre, impossible de trouver le sommeil.
Demain, la rentrée dans ma nouvelle entreprise. 
Je ne voulais plus y penser, essayer de lire, reposer mon livre, le reprendre, faire un tour dans la chambre pour vérifier que tout était prêt, mon sac préparé, avec une trousse et mon dictionnaire Français-Allemand qui désormais ne me quitte plus depuis dimanche. Retourner sous les couvertures, contempler avec tristesse la place vacante de l’Aimé à côté de moi, changer de position et sortir une jambe au dehors pour tâter un coin plus frais. Maugréer que, quand même, tout ce foin pour si peu… Ce n’est que la rentrée après tout. Non ?
Ce matin-là, je portais ma bague porte-bonheur au majeur droit, celle avec une pierre orange qui me rassure toujours quand je l’ai sur moi, et je refis le chemin effectué mille fois la veille. Oui je sais, c’est idiot : le stress me rend aussi supersticieuse qu’obsessionnelle. Dans le tramway qui m’emmène, je me surprends à répéter dans ma tête en boucle des phrases toutes prêtes, des mots appris par-ci par là, toujours mon mini-dictionnaire greffé à la main. Ma bouée de sauvetage
Guten Tag, ich bin Marine, die Neue Mitarbeiterin… Entschuldigung, ich bin ein wenig zu früh… Hallo, ich bin Marine…
Et puis soudain, les nuages gris et pesants logés dans ma poitrine se dissipent. Ils sont si sympatiques, si souriants, si avenants mes nouveaux collègues ! Un gâteau au chocolat partagé, un jeu de cartes sur le toit de l’Institut, avec cette vue à couper le souffle sur les toits de la villes. A la fin de la journée je rentre chez moi légère, légère, légère comme une plume…
Ainsi, c’était donc ça !
Et puis sur le chemin du retour j’ai croisé une rose, elle semblait sortir sa tête en implorant : Je vous en prie, délivrez-moi, sortez-moi de cette prison ! Alors après j’étais un peu triste de ne pas pouvoir le faire…

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Calme plat

Vous la sentez, cette odeur de vacances qui pétrit la ville ? Ces rues désertées par les habitants partis pour d’autres contrées (pour peu que vous n’habitiez pas un lieu trop touristique, évidemment), ce calme plat qui habille de son silence le centre-ville, et pourtant les terrasses de café qui ne désemplissent pas, embaumant la bière et la limonade. Je m’amuse à parcourir ma ville, l’appareil photo à la main, comme si je ne la connaissais pas, et découvrir avec ravissement de jolis endroits pleins de fleurs.

Oh et puis il faut que je vous parle de cette saga que je ne lâche plus, et qui se boit comme du petit lait : Muchachas – en trois tomes- de Katherine Pancol. Je me rappelle mon prof de Lettres de prépa qui, un peu snob de la littérature, ne l’appréciait guère au début, qualifiant ses livres de « romans de gare » avant de se raviser et d’avouer que finalement, ils sont bien fichus ces bouquins ! C’est exactement mon avis. Ça vous remue, vous fait rire et pleurer, virevolter le cœur dans la poitrine et vous remet d’aplomb. Parfait pour l’été en somme.

Cette ambiance estivale me laisse un peu rêveuse, un peu perplexe. Mi-août, déjà ? Vous êtes sûrs ? Me sentir en même temps sur le qui-vive, une pointe d’excitation au creux du ventre, comme si un événement important se préparait. Une parenthèse enchantée, le calme avant la tempête.
Là, dans un petit coin de ma tête, je me prépare doucement à la nouvelle vie qui m’attend. Nouveau pays, nouvelle langue, nouveaux endroits à arpenter et à découvrir. Apprendre à vivre loin de lui, à sortir de ma zone de confort, parcourir cette ville qui sera la mienne durant quelques petits mois. Soulagée d’avoir enfin trouvé mon futur chez-moi, après plusieurs mois de recherches infructueuses et de nombreux mails sans réponse. Ouf, je peux souffler.

Et puis avoir hâte, un peu, d’être à la rentrée…

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Doux comme un dimanche

Avant je détestais le dimanche. Tourner en rond, traînant parfois en pyjama toute la journée, l’idée d’une nouvelle semaine de cours qui recommence…  C’est d’ailleurs souvent ce jour-là que je me trouve moche-nulle et mal lunée, c’est comme ça. Mais ça c’était avant.
Bien que ce ne soit toujours pas mon jour préféré de la semaine je ne le déteste plus autant et il m’arrive même de l’apprécier. Souvent on en profite pour regarder un bon film ou une série pelotonnés sous les couvertures, faire des gâteaux ou des pizzas, ou bien se promener. Oui on a souvent la flemme, mais une fois le nez dehors on est toujours ravis d’avoir eu le courage de sortir 😉
Ce dimanche n’était pas en reste : après une courte échappée au marché bio du coin qui se tient là tous les premiers dimanches du mois (enfin quand je dis ‘marché’… il y avait en tout et pour tout trois petits stands, dont la plupart des fruits et légumes ne venaient même pas du coin. On était un peu déçus), des amis nous appellent pour nous faire part de l’envie d’aller voir un vide-grenier. Aussitôt dit aussitôt fait, nous y voilà. Eh bien ma foi c’était fort plaisant ! On a pu trouver quelques petites choses, dont 6 verres Fanta tout mignons, de la récup’ de bar ou restaurant sûrement.
Le meilleur, c’est que je suis repartie avec un très beau pied de menthe très odorant. Il suffisait de répondre à un questionnaire sur les plantes médicinales et on avait le droit de repartir avec son petit pot de fleurs. Délicieuse en tisane, et parfait pour parfumer la maison tellement elle sent bon !

 

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