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Instagram, nouvel outil d’émancipation ? (+ mes suggestions de comptes à suivre)

Depuis quelques temps maintenant, je remarque qu’un vent de liberté s’est emparé de la plateforme Instagram et souffle avec véhémence sur les conventions, décapitant au passage quelques têtes (au hasard : Capitalisme ? Patriarcat ?). Des comptes aux contenus subversifs allant à l’encontre des normes établies voient le jour, suivis par des milliers de personnes. Je me suis rendue compte dernièrement avec enthousiasme que ma réflexion avait fait un pas de géant depuis que je m’y étais abonnée, que j’avais abandonné certaines idées pré-conçues intégrées inconsciemment, transmises par l’extérieur et qui ne me ressemblaient pas forcément, pour en construire d’autres plus en adéquation avec ma véritable identité. D’où mon envie de partager ça avec vous 🙂

J’ai beaucoup d’admiration pour leurs auteurs, ces personnes qui prennent gracieusement de leur temps et de leur énergie pour instruire, « déconstruire », déculpabiliser et donner à voir à leur lectorat une autre vision, au choix : du corps, du féminisme, de la sexualité. Autrement dit : ces fameux sujets tabous qui nous concernent tous, qu’on le veuille ou non.

 

Parlons acné, poils… et autres « tares ».

Lorsque j’ai vu cette photo de la talentueuse Ivannalys, j’ai été subjuguée par la beauté du cliché. J’ai trouvé l’expression du modèle sublime, en dépit de (et peut-être, grâce à…) son acné. J’avais moi-même la peau assez dégueu à ce moment-là, et ce portrait m’a fait un bien fou, loin des peaux uniformes et parfaitement lisses habituelles. Alors comme ça on pouvait souffrir d’acné et être jolie sur une photo ? Wahou. J’ai ensuite découvert le travail de Sophie Harris Taylor, et cela a fini de me convaincre qu’il était important, et même nécessaire pour le bien de tous, de donner à voir une palette variée et étendue de peaux (et de physiques en général).

Quant aux poils, je pense que le chemin est encore long avant que chaque femme puisse exhiber les siens au même titre que les hommes. Mais on avance ! Je l’avoue, je n’ai jamais trouvé les aisselles non épilées aussi belles et sexy que depuis que j’en vois passer régulièrement sur Instagram. Je pense sincèrement que le visionnage répété de ces images est réellement efficace pour démonter les diktats et faire changer les mentalités, au même titre que le matraquage inverse nous a été imposé par la publicité et les magazines. On nous inculpe depuis des années qu’un pubis, des aisselles et des jambes féminines doivent être lisses et glabres ? Qu’une femme se doit d’être douce, docile et maternelle ? Qu’à cela ne tienne, 2019 sera libre et sauvage ou ne sera pas. Changement de paradigme en vu ? J’ai l’optimisme de le croire.

 

Montrez ce sexe que l’on nous cache.

C’est un fait, au XXIème siècle les femmes connaissent encore très mal leur corps, la faute à des tabous encore tenaces concernant le sexe féminin en général et son fonctionnement. Lorsque je suis tombée sur le compte de Camille Je m’en bats le clito, j’ai été séduite par ses petits posts-punchline faciles et agréables à lire. De fil en aiguille, je me suis retrouvée à visiter tout un tas de compte du même genre, c’est-à-dire mettant la déculpabilisation et le plaisir au centre de leurs propos, tels que Merci beau cul, Gang du clito et Jouissance.club (attention, peut-être le plus « hot » des trois, ahah).

Car si les femmes sont les premières victimes de stéréotypes de genre et d’une charge mentale importante (voir l’excellent Dans la Bouche d’une fille et t’as pensé à …? ), les hommes ne sont toutefois pas en reste et également victimes du cadre rigide de la « masculinité toxique ».

Avec tu bandes, Guillaume entend au contraire déconstruire ce mythe de l’homme brut et insensible, et rétablir la vérité quant aux comportements virils attendus, en répondant à la question « Mais c’est quoi, au juste, être un homme ? ». En tant que femme, je trouve extrêmement intéressant d’avoir accès aux pensées du sexe opposé afin de mieux le comprendre, mais aussi pour justement ne pas tomber dans l’écueil des comportements à combattre, sous couvert d’ignorance. J’ai notamment été très touchée par ces témoignages d’hommes violés, sujet dont l’on entend JAMAIS parler dans les faits divers et que je ne croyais pas possible. Dans l’imaginaire commun, l’homme est un violeur et non un violé, un point c’est tout.

Pour conclure… (du manque d’estime de soi au capitalisme)

J’ai essayé d’être aussi concise que possible afin de ne pas vous rendre cet article trop indigeste, ah ah, mais il y aurait encore tant à dire sur ce sujet d’émancipation vis-à-vis des dogmes de la société ! J’aurais pu aussi vous parler de grossophobie, du mouvement No-Bra (qui consiste à abandonner son soutien-gorge), de l’injonction à la maternité, à la beauté, à la jeunesse… Si les magazines mainstream et dépendants ne font plus vraiment leur boulot d’information, on peut dire que des petits bouts d’internet ont pris le relais contre cet obscurantisme de masse, pour peu que l’on choisisse bien ses sources. En effet, à qui donc profite cette mésestime de soi, de son corps et de ses capacités ? Aux grandes entreprises bien sûr. Via les cosmétiques, les appareils de musculations, les chaussures, vêtements aussitôt achetés aussitôt remisés au placards… Je me rends compte que je n’ai jamais aussi peu consommé que depuis que j’ai mené cette réflexion révélatrice. Une seule solution : j’assume qui je suis ! (et qu’est-ce que ça fait du bien de lire des profils aussi variés)

S’il est vrai qu’Instagram a beaucoup été décrié pour son apologie de la perfection, de ses images lisses de beauté normée et stéréotypés et d’intérieurs où personnes ne semble avoir mis les pieds depuis des mois. Mais quand il se met à bousculer les codes et nous montrer une autre réalité, plus en accord avec notre bien-être, je dis OUI !

 

Et vous, ressentez-vous ce vent de liberté sur internet ? Quels sont les comptes/sites/chaines youtube ou autres que vous suivez ?

 

Mon (ultime) TOP 10 de 2018 (romans, BD..)

Ainsi s’achève 2018, dans la joie et l’allégresse des jours qui rallongent. Hum, les jours qui rallongent sont sans doute la seule chose qui va dans ce pays (monde ?) qui part à vaux-l’eau. Mais enfin, il faut se raccrocher à ces petites choses.

De mon côté cette fin d’année fût un très bon cru littéraire, avec de très très belles découvertes qui ont fait palpiter mon petit palpitant. Ce genre de lectures qui te donne envie de danser la macarena en maillot de bain dans ton salon et de révolutionner le monde dans lequel tu vis. Et le plus beau, c’est que toutes ces œuvres ont été écrites par… des femmes ! OUI ! Je ne l’ai pas fait exprès, mais croyez-moi j’en suis absolument ravie.

Reprenant mon indispensable Journal de lecture dans lequel je consigne toutes ces pépites (et les autres aussi, pas de jaloux), voici pour vous mesdames, mesdemoiselles, messieurs et mesdemoiseaux :

* MON TOP 10 LITTÉRAIRE DE L’ANNÉE 2018 *

(en vrac et pas dans l’ordre je vous préviens, parce que j’ai vraiment eu du mal à les classer : je les ai tous trouvés excellents dans leur genre)(La fille qui veut ménager la chèvre et le chou, quoi)

 

– BD / Romans graphiques –

 

♥ Les culottés (T. 1 & 2) – Pénélope Bagieu

J’ai tellement aimé lire et découvrir ces destins de femmes hors du commun, qui ont su s’extraire de ce que la société (patriarcale, il faut le dire) attendait d’elle pour vivre leur propre vie. Le genre de récits qui donne envie de déplacer des montagnes et d’aller au bout de ses rêves, et qu’on devrait mettre entre toutes les mains des petites filles à qui ont demande ce qu’elles veulent faire plus tard.

♥ Parole d’honneur – Leïla Slimani & Laëtitia Coryn

De Leïla Slimani j’avais aimé le roman Une chanson douce. Ici, elle recueille les témoignage intimes de femmes marocaines sur l’hypocrisie de la société dans laquelle elles vivent, qui condamne leur liberté sexuelle tandis que les hommes, eux, s’autorisent la fréquentation de prostituées (Eh oui, tant que c’est caché tout va bien…). Des rencontres qui font réagir, s’indigner, et espérer qu’un changement surviendra… Une très belle BD à offrir ! (je l’ai d’ailleurs offerte à ma maman pour Noël)

♥ La différence invisible – Julie Dachez & Mademoiselle Caroline

Après avoir lu sa BD en début d’année dernière, j’ai assisté il y a quelques jours à une rencontre avec Julie Dachez. A 27 ans, et après plusieurs années d’errances médicales, Julie découvre avec soulagement qu’elle est autiste. De cette particularité qu’elle nomme sa « différence invisible », elle en fait une BD retraçant son parcours. J’ai adoré cette BD, qui m’a permis de comprendre un peu mieux cette différence (et non maladie…). Les illustrations et le choix des couleurs, réalisés par Mademoiselle Caroline, m’ont en outre beaucoup plu.

 

– Romans –

♥ No et moi – Delphine de Vigan

C’est le premier roman de cette auteur que je lisais, et j’en ai été immensément touchée. Je l’ai lu à une période de ma vie où je ne me sentais pas très bien, et cette histoire d’amitié entre une adolescente surdouée et une jeune fille de la rue m’a d’une certaine façon réconfortée, bien qu’il ne soit pas des plus joyeux (j’en avais d’ailleurs fait une critique ici). Par la suite j’ai continué de découvrir l’oeuvre de Delphine, et je crois qu’elle restera l’une de mes plumes préférées de l’année ! Si vous ne la connaissiez pas encore, allez vite vous procurer celui-ci ou Jours sans faim ♥ (aussi dans mon TOP 10)

♥ Dans la forêt – Jean Hegland

Croyez-le ou non, mais ce roman fût publié pour la première fois en 1996 ! Difficile à croire, tant le sujet est encore terriblement d’actualité ! A croire que l’Homme n’évolue pas sur ces questions d’écologie. A force de le voir vanté partout je me suis laissée tenter, et je n’ai pas été déçue. C’est une des fictions qui m’a fait le plus réfléchir cette année : à l’avenir incertain de notre monde, à sa déchéance possible et aux moyens de l’en empêcher, à une certaine résilience…  Un roman assez noir donc, mais nécessaire et à la plume agréable. Attention néanmoins à certains passages choquants.

♥ Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

Celui-là, je ne pensais pas l’aimer à ce point. Pour être honnête, je pensais même ne PAS l’aimer du tout. Je ne sais pas d’où sortent ces préjugés que j’ai envers certains livres parfois… Et puis Plouf est passée par là, à en vanter les mérites plusieurs fois sur les réseaux, alors j’ai succombé et suis tombée tête la première dans les bras de ce roman plus profond qu’il n’y paraît. Mention spéciale pour l’écriture en vers plaisante et fort originale !

♥ Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

J’ai dévoré ce roman en une poignée de jours, alors ne vous laissez pas impressionner par son épaisseur. De ce récit du périple d’une jeune nigériane effrontée entre deux continents, j’ai adoré le ton irrévérencieux, politiquement incorrect et l’humour de la jeune femme. Sur quinze ans on suit le parcours d’Ifemelu, entre réflexions sur la « race » (au sens sociologique du terme), l’amour et les racines. Un roman impertinent que j’ai poussé mon copain à offrir à sa grand-mère pour Noël, tant j’étais persuadée que ça lui plairait.

♥ King Kong Théorie – Virginie Despentes

On aime ou on déteste le personnage de Despentes, personnellement j’ai choisi mon camp : j’adore son côté effronté et grande gueule, pourtant tellement loin de mon caractère. Embarquée depuis quelques temps dans une soif d’apprentissages sur le mouvement féministe, je me suis mise en tête de faire le tour des « meilleurs » ouvrages sur le sujet. Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce court essai « pro-prostitution et pornographie« , au point de vue original et aux arguments convaincants. Un bon basique sur la question à lire au moins une fois.

♥ La folle rencontre de Flora et Max – Coline Pierré & Martin Page

Alors là les ami(e)s, on tient du lourd. Ce tout petit roman épistolaire entre une jeune détenue et un adolescent atteint de phobie sociale est une pépite en or, de ceux que l’on aimerait lus par la planète entière. C’est drôle, touchant, lumineux et infiniment beau : un phare dans la nuit. Si vous ne deviez retenir qu’un seul livre de cette liste, ce serait celui-ci (Mais pourquoi choisir, après tout ? Lisez-les toooous !). J’ai ouï dire dans mon oreillette qu’une suite des aventures de ces deux-là serait déjà sortie, et c’est la meilleure nouvelle de ma journée !

Voilà, j’espère que vous trouverez quelques idées dans cette liste, n’hésitez pas également à me parler de vos lectures à vous !

J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2019 (oh bah oui tiens, il était temps…), remplie de joie, d’ami(e)s sur qui compter, de bonne nourriture et de livres. Lisez des livres, achetez des livres, empruntez-les, offrez-en ! C’est tout ce que je vous souhaite.

My absolute darling, mon avis

Gabriel Tallent a mis huit longues années à publier ce premier roman, et honnêtement ça ne m’étonne guère vu le mastodonte qu’il représente. C’est d’abord le titre qui m’a attirée, sonnant terriblement romantique, puis la jolie couverture. Pourtant, ce roman n’a vraiment rien de romantique, croyez-moi…

Parce que pardonnez-moi, mais My absolute darling est un putain de roman sombre et brutal (dirais-je même bestialqui prend aux tripes et ne les lâche plus jusqu’à la dernière page. Malgré quelques petites longueurs liées à la description détaillée de paysages somptueux, je n’ai pas pu le lâcher avant la fin, tournant les pages encore et encore. A certains égards l’héroïne m’a faite penser à celle du film Les combattants, semblable à cette jeune fille farouche et renfermée (jouée par Adèle Haendel) qu’une rencontre inattendue va peu à peu transformer.

Suffocant et d’une rare violence, parfois à la limite du supportable, certaines descriptions m’ont vraiment révulsée (je pense notamment à un certain passage à la fin du chapitre 1. Ceux qui savent SAVENT…).

Julia Alveston, qui se surnomme elle-même « Turtle » et souhaite qu’on l’appelle ainsi, est aussi « Croquette » pour son père Martin, qui l’aime d’un amour fou et absolu (« My absolute darling »). Depuis la mort de sa mère, ils vivent dans cette petite bicoque rafistolée de bric et de broc sur la côte sauvage Californienne. Là, ils vivent repliés sur eux-même et à l’écart du monde, pétris de méfiance envers l’extérieur. Dès le début, on comprend que cet amour hors-norme, exclusif et démesuré, est une pure folie, tout comme la passion de Julia pour les armes.

Lors d’une balade solitaire en forêt Turtle rencontre Jacob, adolescent fantasque et aventurier, qui réussit à percer sa carapace. Bientôt un lien de confiance et de survie se tisse entre eux, qui devient un grain de sable dans la relation fusionnelle père-fille et déclenche la colère sourde de Martin : l’équilibre est brisé, le compte à rebours de la folie enclenché jusqu’au drame final, sanglant et irrémédiable.

Malgré tout, je n’ai pas réussi à m’attacher à Turtle ni à la trouver sympathique comme j’ai pu le lire dans des critiques. Je l’ai trouvée trop impénétrable pour pouvoir la comprendre, trop résignée pour pouvoir la plaindre. Sa confiance aveugle envers son père m’a parue assez insupportable, et je lui en ai voulu, oui, d’accepter un peu trop facilement les sévices qu’elle subie depuis des années. J’imagine que ce n’est pas aussi simple que ça, mais plusieurs fois au cours de ce roman j’ai eu envie de la traiter d’idiote et de lui crier de s’enfuir de cet enfer (je suis sûrement un peu dure, oui…).

Dieu merci, la fin adoucit quelque peu le récit et nous permet de souffler. Il était temps hein, on commençait à suffoquer. Pour autant, je ne crois pas que ce roman soit à mettre entre les mains des cœurs les plus sensibles, sauf à aimer souffrir en lisant (c’est mon cas, ha ha)… A l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore incapable de savoir si j’ai aimé ou non ce roman. Mais une chose est sûre, il m’a fortement perturbée et ne cesse d’occuper mon esprit, et je suis persuadée qu’il y laissera une trace durable.

 

Avez-vous lu ce roman, l’avez-vous aimé ?

Qu’en avez-vous pensé ?

 

Où je tombe sous le charme de la plume de Delphine de Vigan (No et moi)

Mardi, fin d’après-midi, la nuit tombe doucement comme un manteau de velours. Je sors d’une journée de cours ennuyeuse à pleurer, et j’ai désespérément besoin d’un livre pour me remonter le moral. L’école d’ingénieur n’est décidément pas pour moi, que diable suis-je venue faire ici…

 

Mon échappatoire

J’arpente les rayons de la bibliothèque, m’abreuvant de titres enjôleurs et de tranches bien droites. Les bains de livres ont toujours été ma solution à moi, je m’en rends compte maintenant. La vue de tous ces bouquins m’apaise littéralement. Ce soir-là, plus que jamais, j’ai faim de pages à tourner et de mots à avaler.

Je tombe sur ce titre que j’ai déjà vu maintes fois, et qui ne m’a jamais vraiment donné envie. Je me souviens du film, sorti quelques années plus tôt. Moui, bof… L’instinct me pousse pourtant à m’en emparer. Ça fait tilt dans ma tête : Camille en a parlé une fois sur Twitter, Camille dont j’adore les billets remplis de tendresse et de souvenirs. On cherche toujours un peu à ressembler aux gens qu’on admire non ? Alors je le prends.

Sitôt rentrée je me jette dessus comme une affamée. Je prends le plaid, mes jambes ramenées sous les genoux, et j’entre dedans. Une page, deux pages. Puis le reste défile. Je ne peux plus m’arrêter, je suis happée par l’histoire. Cette toute jeune fille bien trop précoce, qui a compris le monde avant les adultes, me touche. Je me fais la réflexion que j’aurais dû emprunter ce livre plus tôt. Quelle merveille, comment ai-je pu passer à côté ?

Ce beau roman aborde avec douceur des questions sensibles comme le deuil d’un bébé, la dépression et la difficulté d’être soi lorsque l’on est « différent ». La plume de Delphine est fluide, concise, incroyablement juste. Je m’insurge contre ce monde cruel et insensible qui met des jeunes filles à la rue. Je souris (et pleure, un peu), pleine d’espoir, à ce début d’amitié touchant comme une rosée du matin.

Ce livre, sur qui je ne misais pas grand-chose (allez savoir pourquoi), m’a bouleversée au-delà de ce que j’imaginais.

(Alors bien sûr, je vous le conseille mille fois.)

Mon film de l’année 2017 : Divines, de Houda Benyamina

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un film. D’une histoire qui m’a touchée, bouleversée, qui a réussi à « fracturer la carapace de mon âme » (ce qui est une façon un peu pompeuse, j’en conviens, de dire que je suis plutôt difficile en la matière).

C’est vrai, rares sont les films (j’ai l’impression) qui arrivent réellement à me transcender. Oh si, il y a eu Alabama Monroe en 2013 (coup de cœur absolu de l’Univers), qui n’a jamais cessé d’occuper mes pensées depuis. Et puis quelques autres aussi, bien sûr, comme American History X et Detachment (film dont je garde un souvenir très fort, avec l’incroyable Adrian Brody ♥).

Au fil du temps j’ai réussi à définir les ingrédients d’une histoire qui risque de me plaire. Alors voilà : j’aime les films bruts et singuliers, assez éloignés des blockbusters ultra-violents auxquels je ne comprends souvent pas grand chose (l’humain mâle qui partage mon salon essayant tant bien que mal de m’en faire regarder quelques uns…), avec beaucoup de drame dedans et un peu d’histoire d’amour (un peu…).

Mon film de 2017…

Une poignée d’heure avant 2018, j’ai découvert Divines, de Houda Benyamina et sorti en 2016 : LA. CLAQUE. J’ai ri, j’ai tremblé, j’ai pleuré et senti mon cœur se serrer.

Divines, c’est l’histoire de deux gamines de la banlieue, débrouillardes et surtout inséparables, qui n’en peuvent plus de la violence et de la misère dans lesquelles elles vivent. Prêtes à tout pour s’en sortir, en dépit de la morale et de la légalité, elles se retrouvent embarquées dans des trafics de drogues et des petits larcins.

Dounia, incarnée par Oulaya Hamamra, est troublante de justesse et de charme : sincèrement, je n’ai jamais été aussi subjuguée par une jeune actrice (qui a seulement 21 ans, gloups). Sa copine Maïmouna (Déborah Lukumuena) est elle aussi touchante de candeur et terriblement attachante (je trouve cette expression parfois galvaudée mais là… WAHOU). Ces deux-là forment un duo inoubliable dont on aimerait faire partie tant leur amitié est incroyable, presque hors du commun.

Sans oublier Kévin Moushel, en danseur troublant, dont l’apparition fugace dans la vie de Dounia va la transformer.

Bref, ce film est un petit joyau brut de décoffrage qui ne vous laissera sûrement pas indifférent, et que je vous conseille mille fois !

 

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