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S'éveiller Archives - Page 3 sur 9 - Chuchotis Marins

S’éveiller

Comment ne pas finir comme tes parents, ou le livre qui donne envie de méditer

Il fallait que je vous parle de ce chouette bouquin qui a accompagné le début de mes vacances, histoire de partager avec vous mon immense enthousiasme à son égard.
Pour la petite histoire, nous étions partis faire les soldes. Sur le point de repartir bredouilles, nous faisions un dernier petit tour à Nature & Découvertes (il faut que vous le sachiez : je n’envisage pas une virée en ville sans un petit passage dans le temple de la saveur citronnée et des petits gadgets écolo-futiles)(Je les soupçonne d’ailleurs de diffuser des phéromones à l’entrée du magasin pour attirer le client désorienté…Bref.) quand je suis tombée sur ce livre au titre bien impertinent. C’est d’abord ce qui m’a attirée voyez-vous.
Je peux maintenant vous le dire : ce fût les 22.90€ les mieux dépensés de cette journée (de la semaine ?). Culture : 1, Fringues : 0 (de toute façon j’en avais pas besoin).
Comment ne pas finir comme tes parents (Parents, n’y voyez aucune offense) est une introduction géniale et ludique à la méditation, pour qui voudrait s’y essayer sans jamais oser. Je l’ai picoré petits bouts par petits bouts, en résistant à l’envie de le terminer trop vite malgré sa relative densité, et en essayant aussi souvent que possible d’effectuer les petits exercices de méditation proposés tout au long de l’ouvrage.
Ce livre plein d’humour s’adresse au lecteur sur un ton amical et désacralise terriblement la méditation pour les plus jeunes, en y développant les concepts phares sous le prisme de la vie quotidienne d’un ado du XXIème siècle. S’il est indiqué sur la couverture « La méditation pour les 15-25 ans » j’étendrais personnellement cette tranche d’âge au delà tant le propos est intelligent et universel. J’ai beaucoup aimé l’utilisation de métaphores pour expliquer simplement des concepts fondamentaux comme les pensées, tout comme le fait que les auteurs ne prônent rien du tout mais nous invitent chaudement à expérimenter les bienfaits de la méditation par nous-même et à se faire son propre avis.
L’ouvrage est en outre vraiment agréable à lire grâce à sa mise en page aérée et colorée, relevé par quelques jolies illustrations de l’artiste Pénélope Bagieu, qu’on ne présente plus. Il contient également un CD de 11 méditations guidées (que je me suis empressée de transférer sur mon iPod pour les emmener partout avec moi cet été !), à pratiquer parallèlement à la lecture lorsque le petit logo dédié apparaît au fil des pages.
 

Conclusion : un bouquin très bien fichu à mettre entre les mains dodues de votre pré-ado, plus musclées d’un jeune adulte ou même sur le point de se rider d’un adulte qui en a déjà vu de belles, bref : à mettre entre des mains de tout âge !

Amnésie

Il y a quelques temps, Céline s’interrogeait sur le prix du beau. L’idée fit son chemin, et c’est l’accoutumance au beau qui me vînt à l’esprit. Le beau ici plutôt comme esthétique, et non forcément comme conditions favorables de l’existence qu’on appelle quelque fois bonheur – quoique cela puisse sans doute s’y appliquer aussi. Sur Instagram, je constatai avec désappointement que je n’étais plus aussi touchée par certaines photos à force d’en voir d’aussi parfaites et semblables le long de mon chemin, comme si ma capacité à apprécier le beau s’était distendue à force de sollicitations désordonnées. A trop vouloir s’entourer de beau jusqu’à en être baigné constamment, ne coure-t-on pas le risque de ne plus reconnaître son visage ?
Au collège puis au lycée, il y avait une fille très belle que tout le monde admirait. Elle avait les cheveux très longs, de jolis yeux noisette et les traits bien dessinés. Je crois qu’on connaît tous une fille comme ça dans notre entourage (mais cela s’applique aussi aux garçons, je ne fais pas de distinction) : une de celles qui paraissent toujours à l’aise avec tout le monde, dont les garçons recherchent la compagnie et dont toutes les filles se damneraient pour lui ressembler. Quand en Terminale on se retrouva dans la même classe, je me dis alors que j’aurais tout le loisir de l’admirer. Et puis l’année passa, avec son lot d’aventures et de déconfitures. A la fin de l’année, j’eus la surprise de découvrir que je ne la trouvais plus aussi belle. Non qu’en quelques mois elle fût devenue laide à mes yeux, je reconnaissais qu’on pût encore la trouver magnifique, seulement elle ne me faisait plus le même effet. L’habitude de la contempler, sûrement. L’accoutumance peut-être. Je me demandai ce qu’il s’était passé pour que le charme cesse d’opérer de la sorte, sans rien trouver de convaincant. Elle avait toujours les mêmes yeux noisette, sa longue chevelure et les traits bien dessinés. Seul mon regard avait changé.

Lorsque je croise des couples dans la rue se tenant par la main, je me demande parfois si leur vision d’eux-mêmes a changé au fil des ans. La trouve-t-il aussi belle qu’au premier jour ? Le trouve-t-elle encore séduisant ? Ce sont sans doute que ces considérations purement esthétiques ont laissé place à quelque chose de plus fort et de plus profond : un amour inconditionnel, de la tendresse pour ce qu’ils sont devenus, de la bienveillance et de l’humour (les deux mamelles d’un couple qui dure non ?)…  Mais moi, je vais vous dire, je ne me suis toujours pas habitué à lui. Quand je le vois c’est une lumière qui s’allume, c’est presque une première fois, ce sont les premières pages d’un livre que l’on n’a jamais lu encore. Ce sont chaque jour des retrouvailles à la faveur d’un sourire ou d’une parole, heureux amnésiques que nous sommes.

Avril : des animaux fantastiques, une série adorée et du féminisme.

Le marathon des partiels est enfin terminé, et c’est le cœur plus léger (non, on ne parle PAS des résultats du premier tour…) que je reviens ici pour vous parler de mes favoris du mois d’Avril. Lors de mes pérégrinations culturelles, il m’arrive de tomber sur de vraies bonnes surprises qu’il me tarde de partager avec vous. Ainsi j’ai décidé de publier régulièrement ce type d’article, une sorte de compte-rendu de tout ce qui m’a plus récemment. Un condensé de films, séries, livres, BD, romans graphiques ou lien qui ont particulièrement attiré mon attention. On y va ?

… Vus … 
Un film : Les animaux fantastiques
Des mois après tout le monde, j’ai enfin eu l’occasion de le regarder. J’avais lu par-ci par là des critiques d’une part élogieuses, d’autre part plus réservées et je n’en attendais rien de particulier. C’est souvent dans cet état d’esprit que je suis le plus à même d’apprécier une oeuvre : sans a priori ni préjugés, l’esprit blanc comme neige. Et finalement, j’ai beaucoup aimé. On retrouve l’univers enchanté d’Harry Potter peuplé de créatures fantastiques et de personnages aussi atypiques qu’attachants, même si c’est bien à l’univers d’Adèle Blanc-Sec qu’il m’a fait le plus penser. L’ambiance résolument rétro de ce film participe à son charme, tout comme les habits d’époque (mention spéciale pour le style de la jeune femme, qui m’a beaucoup inspirée et que je garde dans un coin de ma tête) 
Une série : Broachurch ♥
Alors que la troisième – et dernière – saison vient de s’achever et me laisse éplorée, je tenais à vous parler de cette série policière dont je suis tombée sous le charme l’année dernière. Une ambiance un brin surannée qui change agréablement des séries policières que l’on a l’habitude de voir, des paysages aussi magnifiques que mystérieux avec des falaises qui occupent la première place, un duo d’inspecteur hyper attachants (dont le séduisant Alec, joué par David Tenant, bourru au grand cœur), il ne m’en fallait pas plus pour y adhérer complètement. Le gros point fort de cette série est, je trouve, son originalité dans la réalisation.
Je n’en dis pas plus : si vous ne connaissez pas encore, je vous conseille vivement de découvrir cette excellente série !
… Lus …
Un petit livre (sous forme de BD) : Le féminisme, de Thomas Mathieu et Anne-Charlotte Husson 
Si, comme moi, vous vous intéressez au féminisme et aimeriez en apprendre davantage sur ce combat qui reste malheureusement nécessaire, ce petit bouquin très bien pensé vous plaira certainement.
Organisé en sept slogans forts et représentatifs du mouvement féministe, le livre retrace son historique en s’appuyant sur ses figures féminines emblématiques, de la précurseuse Olympe de Gouges en passant par Simone de Beauvoir, Angela Davis (héroïne de la chanson de Yannick Noah) ou Virginie Despentes. J’ai aimé le fait d’illustrer et d’expliquer le mouvement féministe au format BD, et de découvrir la significations de termes caractéristiques tels que l’intersectionnalité ou le slut-shaming.
Articles 
Wake up from the illusions : un article très long mais qui vaut la peine d’être lu (à garder dans un coin de sa tête), qui m’a mis une grosse claque et m’a fait prendre conscience de faits pas toujours réjouissants sur notre présence en ligne.
Quelques réflexions politique : l’excellent article de Célie, aka Miss Blemish, sur un sujet plus que jamais d’actualité ! C’est clair, très habilement écrit et bienveillant : j’ai adoré le lire et le relire.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Connaissiez-vous ces ressources ? Si non, vous ont-elles interessés ?

{Bilan lecture} L’Homme qui Rit – Victor Hugo

Je reviens aujourd’hui avec un petit bilan lecture, dont je tenais absolument à vous parler. Je n’ai pas lu beaucoup d’œuvres différentes ce mois-ci, mais c’est que je me suis attelé à un pavé que je n’ai pas pu lâcher !
D’Hugo je ne connaissais pas grand chose, si ce n’est Le dernier jour d’un condamné étudié au collège (que j’avais trouvé ennuyant à mourir à l’époque) et son très célèbre Les Misérables abandonné en cours de route, toute jeune que j’étais et quelque peu intimidée par l’ampleur de la tâche. 
Et puis ces derniers mois, mue par une étincelle d’enthousiasme, j’ai décidé de me replonger dans l’oeuvre de l’écrivain. J’avais envie de grande littérature et de belles tournures, d’époque un peu lointaine pour voyager sans mettre un pied dehors et de rencontrer de nouveaux personnages. Je me suis aventurée dans le monde de L’Homme qui Rit comme on saute dans une machine à remonter le temps, et me suis laissée bercer par l’histoire extraordinaire de Gwynplaine, dont le visage a été mutilé à la naissance par des comprachicos en un sourire permanent .
Dans une Angleterre sinistre du XVIII ème, on suit le destin du jeune homme de son abandon à son recueillement à l’âge de dix ans par un vagabond nommé Ursus et son loup domestique, Homo. Ensemble, ils voyageant dans toute l’Angleterre à l’abri de leur roulotte et haranguent les foules avec leurs spectacles de rue et les connaissances en médecine du vieillard. Quelques années plus tard, le jeune homme est sommé de suivre un homme qui lui apprend sa véritable identité…

J’ai adoré ce très beau roman, critique de l’Angleterre de l’époque mais aussi oeuvre philosophique et poétique par les réflexion du vieux Ursus. Inutile de dire aussi que je me suis régalée de la plume d’Hugo et de sa prose magnifique, parfois tendre ou assassine. Ce roman m’a donné envie d’en lire davantage de lui et, accessoirement, de me mettre à écrire, aussi. (Certains auteurs vous font cet effet-là…)

{Coup de ♥ lecture} Juliette, de Camille Jourdy

Un jour j’ai découvert les romans graphiques, et ce fût une petit révélation. Pas tout à fait bande-dessinée ni tout à fait roman non plus (d’où le nom), ils alternent entre les genres avec des bulles entrecoupées de pages en prose à la manière d’un roman. J’avais envie aujourd’hui de vous parler d’un de ceux pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur : JulietteLes fantômes reviennent au Printemps. 
De Camille Jourdy j’avais déjà dévoré les trois tomes de la série Rosalie Blum, dont j’avais adoré l’histoire touchante et les illustrations. Lorsque j’ai trouvé son dernier opus à la bibliothèque j’étais joie ! Je me suis empressée de mettre le nez dedans, en essayant tout de même de le déguster à petites lampées pour ne pas le finir trop vite (en vain !). C’est un peu le problème avec ce genre d’ouvrage, on déroule les pages trop vite !
C’est donc l’histoire de Juliette, une jeune trentenaire angoissée par la vie et un peu perdue, qui ne sait pas quoi faire d’elle. Elle retourne quelques jours chez son père dans le village familiale, séparé de son artiste et loufoque de mère qui ne fait rien comme tout le monde. Un jour elle croise par hasard le chemin de Polux, un pilier de bar célibataire au cœur tendre qui ne sait pas plus qu’elle de quoi il a envie, et se noue entre eux une amitié inattendue. Ils adoptent même un petit caneton abandonné par sa mère que Polux surnomme « Maigret-Canard ». Il y a aussi sa sœur, débordée par ses enfants et qui cache un amant dans le placard, sa grand-mère sénile dont il faut s’occuper et un secret de famille qu’on ne lui a jamais raconté.
Définitivement je suis fan du travail de Camille Jourdy, dont les illustrations sont pleines de poésie et les histoires empruntes de tendresse. Elle sait rendre le quotidien extraordinaire et raconter l’humain dans toute sa complexité, les petits malheurs comme les grands bonheurs. Je trouve que ce genre de livre pousse à garder espoir malgré les difficultés, et à apprécier la vie dans toute sa simplicité, à sa juste valeur.
 
Vous l’aurez compris, mon premier coup de cœur de 2017 !

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