J’ai testé pour vous : fabriquer son savon maison [technique de saponification à froid]

L’année dernière, je suis allée à un atelier de fabrication de savons saponifiés à froid. Et ça m’a beaucoup plu !

Après avoir fini ceux que j’avais fabriqués, j’ai eu vite envie de m’y remettre mais j’avais peur de me lancer tout seule. Peur de devoir acheter tout un tas de matériel, peur de manipuler de la soude, peur que ça ne fonctionne pas… STOP !
En réalité, ce n’est pas sorcier. Je vais donc essayer de vous démystifier tout ça pour que vous aussi, vous vous lanciez.

Comme c’étaient mes premiers, j’ai voulu faire simple et ai commencé par du savon de Castille, composé à 100% d’huile d’olive.

Premièrement, la base du savon ne se compose que de 3 ingrédients : Corps gras + base alcaline + liquide. Par exemple pour moi, c’était : 
Huile d’olive + hydroxyde de sodium NaOH + eau

J’ai choisi un surgraissage à 8%, ce qui signifie que 8% de l’huile ne sera pas saponifiée et que le savon sera encore plus doux. J’ai pour cela utilisé la calculateur d’AromaZone : il suffit d’ajouter les huiles/beurres végétaux que l’on désire utiliser et leur quantité.

j’ai réuni tout mon matériel dans ma cuisine

Matériel :
-soude caustique (hydroxyde de sodium NaOH) de préférence en perles
-eau
-huile d’olive

-une balance de cuisine avec une précision à 1g
-une casserole
-2 pichets en plastique
-des pots de confiture pour les additifs
-un mixer plongeant
-une cuillère à soupe
-des moules

+ des vêtements de protection : blouse/tablier, gants, lunettes

Il est préférable de réserver ce matériel à l’usage unique de la savonnerie et de ne pas le réutiliser en cuisine. Pour le mixer, on en trouve facilement d’occasion et pas chers dans les dépôt-ventes ou sur internet.

1- Préparation de la solution de soude :

Important : la soude caustique étant très corrosive pour la peau et les yeux, il est indispensable de porter un vêtement qui couvre les bras, des gants et des lunettes de protection. Néanmoins, elle n’est pas dangereuse pour l’environnement et après que les vapeurs toxiques de la réaction avec l’eau se soient évaporées, le savon ne présentera bien évidemment aucun danger pour la peau (au contraire !)

Dans un endroit bien ventilé ou à l’extérieur, peser les perles de soude dans un pot à confiture. Dans un des pichets, peser l’eau ou le liquide, qui doit être froid. Verser la soude dans l’eau ET NON L’INVERSE pour éviter les projections dangereuses.
Mélanger avec une cuillère et laisser refroidir.

/! Ne pas confondre la soude caustique, de formule NaOH (celle dont nous avons besoin ici), avec le bicarbonate de sodium, les cristaux de soude ou même la soude caustique servant à déboucher les canalisations, qui n’est pas pure. Ceux-ci ne permettent pas la saponification.
J’ai trouvé la mienne chez Castorama, 1kg à 9.90euros.

2- Préparation de l’huile :
Dans une casserole, peser l’huile d’olive et la mettre à chauffer sur feu moyen. Je l’ai ensuite versée dans un pichet en plastique, qui servira à contenir le mélange final.

3- Préparation des additifs :
Peser chaque ingrédient séparément dans un petit pot en verre. Pour mon savon, j’ai ajouté du curcuma pour la couleur et de l’huile essentiel d’Ylang-Ylang, mais je ne sais pas si l’odeur tiendra !

Maintenant, c’est parti !

Idéalement, l’huile et la solution de soude doivent se trouver entre 35 et 45°C avec moins de 5°C de différence entre les deux mélanges. Mais bon, j’avoue que je n’ai pas trop fait attention à ça car je n’avais pas envie d’acheter un thermomètre exprès.

Verser la solution de soude dans le pichet d’huile (ET NON L’INVERSE) et remuer à la cuillère. Continuer à mélanger au mixer plongeant jusqu’à obtenir la « trace », qui apparaît lorsque la pâte à savon à une consistance de crème anglaise et que les gouttes qui tombent du mixer laissent une marque en surface.
Ça ressemble à ça :

Ensuite, incorporer rapidement les additifs en mélangeant bien à la cuillère. 
Verser le savon dans le moule, couvrir de film alimentaire et mettre dans une glacière ou sous une couverture pour bien l’isoler, lui permettant de chauffer et durcir. 
48h après, le démouler avec des gants car il est encore basique et le laisser 3-4 jours à l’air libre.
Le découper au couteau de cuisine et le mettre à sécher dans un endroit sec, à l’abri de la lumière.
Après 5 semaines de séchage (cela s’appelle la « cure »), le savon est prêt à être utilisé ! Oui, c’est un peu long, mais ça en vaut la peine 😉
Mmh, de la crème au chocolat… Meuh non, c’est du savon !

Pour ceux qui possèdent un extracteur de jus, vous pourrez remplacer l’eau par des jus de carotte, betterave, épinard… pour donner une belle couleur au savon. Mais il faudra alors rajouter un antioxydant naturel pour éviter qu’il ne rancisse, par exemple vitamine E, huile de germe de blé ou pépin de pamplemousse.

Pour le moule, des briques de lait ou de jus de fruit font très bien l’affaire

Plus tard, j’aimerais m’offrir de jolis moules et expérimenter plusieurs recettes avec ce que j’aurai dans ma cuisine 🙂

Rendez-vous dans un mois pour découvrir le résultat final !
Pour ceux qui ont l’habitude, quel calculateur utilisez-vous ?