Les choses prévues… et celles qui arrivent.

J’avais prévu d’aller faire un tour à Rennes, j’y pensais depuis longtemps et me réjouissais d’avance à l’idée d’y aller,  d’entrer dans cette jolie librairie mentionnée par la Lune Mauve et d’essayer ce salon de thé.

Derrière mon bureau je pensais aussi déjà au repas du soir, imaginais finir en salade ce reste de pois chiches cuit la veille, avec des carottes râpées, du maïs et des tomates, faire rôtir cette petite aubergine ramenée du marché (délicieux en tranches fines avec de l’huile d’olive et du gros sel…), puis d’acheter une baguette – la première de la semaine – à la boulangerie derrière l’appartement pour finir ce fromage de soja. Mais ça n’est jamais arrivé, à croire que l’univers en avait décidé autrement : je ne suis pas allée à Rennes, les pois chiches et les tomates ont fini par moisir, et je n’ai pas achetée de baguette.

Mais j’ai fini aux urgences, par contre.

Il a suffi d’une minuscule seconde d’inattention, d’un millimètre trop près, pour que ce foutu ventilateur attrape mes doigts dans ses pâles d’acier. Ça aurait pu être pire, je me rappelle parfois dans un frisson d’effroi en revivant la scène, j’aurais pu perdre complètement et irrémédiablement mes doigts. Et puis le sang, la chair meurtrie que je me refuse à regarder, la peur, les hauts-le-cœur, la vue trouble, l’attroupement, les pompiers puis les urgences.

J’ai paniqué devant cette coïncidence qui n’en était peut-être pas une finalement, devant cet incident que j’avais sûrement « invoqué » (à l’insu de mon plein grès ?). Tout ça m’a paru incroyablement familier, comme si cela devait arriver. Plusieurs fois il m’était arrivé de souhaiter très fort qu’il m’arrive quelque chose, de pas très grave évidemment mais tout de même suffisamment pour que je puisse m’arrêter (et j’ose à peine l’écrire tellement je me sens bête et coupable et idiote de croire à ces choses-là. Pourtant c’est arrivé), me reposer. Ça faisait des nuits et des nuits que je dormais mal et me réveillais trop tôt et épuisée, dans un état de fatigue assez avancé et que la dernière chose dont tu rêves est de te lever pour aller au boulot. Et puis soudain, cet accident…

En contactant mon formateur Reiki pour l’informer de mon état et de mon impossibilité à participer au deuxième degré à la fin du mois, il m’a bien sûr écrit que rien n’arrivait par hasard. Et j’ai su qu’il avait raison. Ça ne m’a guère étonnée venant d’un maître Reiki, mais évidement ça a fini de me convaincre et me mettre la puce à l’oreille. Je n’avais jamais vraiment mesuré à quel point nos pensées les plus secrètes pouvaient se réaliser, et ça m’a fait peur.