Où je tombe sous le charme de la plume de Delphine de Vigan (No et moi)

Mardi, fin d’après-midi, la nuit tombe doucement comme un manteau de velours. Je sors d’une journée de cours ennuyeuse à pleurer, et j’ai désespérément besoin d’un livre pour me remonter le moral. L’école d’ingénieur n’est décidément pas pour moi, que diable suis-je venue faire ici…

 

Mon échappatoire

J’arpente les rayons de la bibliothèque, m’abreuvant de titres enjôleurs et de tranches bien droites. Les bains de livres ont toujours été ma solution à moi, je m’en rends compte maintenant. La vue de tous ces bouquins m’apaise littéralement. Ce soir-là, plus que jamais, j’ai faim de pages à tourner et de mots à avaler.

Je tombe sur ce titre que j’ai déjà vu maintes fois, et qui ne m’a jamais vraiment donné envie. Je me souviens du film, sorti quelques années plus tôt. Moui, bof… L’instinct me pousse pourtant à m’en emparer. Ça fait tilt dans ma tête : Camille en a parlé une fois sur Twitter, Camille dont j’adore les billets remplis de tendresse et de souvenirs. On cherche toujours un peu à ressembler aux gens qu’on admire non ? Alors je le prends.

Sitôt rentrée je me jette dessus comme une affamée. Je prends le plaid, mes jambes ramenées sous les genoux, et j’entre dedans. Une page, deux pages. Puis le reste défile. Je ne peux plus m’arrêter, je suis happée par l’histoire. Cette toute jeune fille bien trop précoce, qui a compris le monde avant les adultes, me touche. Je me fais la réflexion que j’aurais dû emprunter ce livre plus tôt. Quelle merveille, comment ai-je pu passer à côté ?

Ce beau roman aborde avec douceur des questions sensibles comme le deuil d’un bébé, la dépression et la difficulté d’être soi lorsque l’on est « différent ». La plume de Delphine est fluide, concise, incroyablement juste. Je m’insurge contre ce monde cruel et insensible qui met des jeunes filles à la rue. Je souris (et pleure, un peu), pleine d’espoir, à ce début d’amitié touchant comme une rosée du matin.

Ce livre, sur qui je ne misais pas grand-chose (allez savoir pourquoi), m’a bouleversée au-delà de ce que j’imaginais.

(Alors bien sûr, je vous le conseille mille fois.)