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Chuchotis Marins - Page 2 sur 31 -

Dans mes mains (ou comment j’ai renoué avec le Reiki)

Mon arrivée dans ce nouvel appartement ne fût pas de tout repos, comme l’en attestent ces joyeuses péripéties : une chasse d’eau défectueuse dont les eaux me cueillent au point du jour le lendemain de mon emménagement, des voisins bruyants et un vacarme de tous les diables dans les escaliers, une douche bouchée par les cheveux des anciens locataires, un volet roulant bloqué en position ouverte et m’empêchant de fermer l’œil de la nuit, ce même volet à peu près réparé mais dont les interstices laissent passer la lumières des réverbèrent, inondant ma chambre de lumière. Ces petits désagréments que tu aimerais chasser d’un revers de la main, comme une mouche qui bruisse à ton oreille. Ces premiers jours dans ma nouvelle-ville-pour-6-mois ont été assez éprouvants, c’est peu de le dire.

C’est qu’au bout d’un moment, même une tablette de chocolat noir bien corsé ou un pot de purée de cacahuètes crémeux mangé à la petite cuillère ne peuvent plus rien pour toi. (j’ai essayé, croyez-moi)

C’est à ce moment que le Reiki s’est rappelé à moi, lui que j’avais un peu délaissé ces derniers mois (ou disons-le : année(s)). Je me souviens de mon initiation au premier degré comme un jour ensoleillé et plein de bonnes ondes. Sur le moment j’étais enthousiaste, presque exaltée, de rentrer dans ce monde magique. Et puis, passés les 21 jours d’auto-traitement que j’avais suivis et réalisés chaque jour scrupuleusement, je n’ai plus trouvé le temps. J’ai posé un peu moins les mains, puis plus du tout pendant un certain temps. J’y pensais pourtant souvent, mais comme d’une chose un peu éloignée, une activité à reprendre plus tard. (on remet trop de choses au lendemain)

J’ai trouvé que c’était le moment parfait pour m’y remettre, de toute façon ça ne pouvait pas aller plus mal, aha. A ma grande surprise je n’avais rien oublié, mes mains ont retrouvé les positions toutes seules. Comme le vélo. J’ai senti la chaleur me traverser, et des fourmillements dans les jambes comme cela m’était déjà arrivé. Après ces retrouvailles j’ai dormi comme un bébé, et les jours qui ont suivi aussi.

Le lendemain, j’ai retrouvé une amie chère perdue de vue depuis plus d’un an, rencontrée via son blog. Celle-là même grâce à qui j’avais justement découvert le Reiki quelques années plus tôt. Elle est réapparue dans ma vie (comme par enchantement ?) au moment où je m’y attendais le moins, comme envoyée par l’Univers.

Quelques jours plus tard, un dimanche, en foulant les pavés de ma nouvelle ville je suis tombée sur une jolie boutique violette au doux nom d’Agapanthe (j’étais persuadée que c’était une déesse… apparemment non). En m’approchant, je découvre que c’est un cabinet de Reiki… Eh oui !

Et puis, lors de ce salon du Bien-être et de la Santé au naturel en Mayenne, je rencontre… la propriétaire de ce joli lieu. Décidément, le Reiki me suit partout. On discute pas mal de choses et d’autres et le courant passe, je décide de prendre rendez-vous pour la semaine suivante.

Je suis sûre qu’il a encore de belles choses à m’apporter…  alors c’est décidé, cet été je passe mon second degré !

Vivre, vraiment.

Alice je ne la connaissais que vaguement, d’assez loin. Enfin je dis « connaître », mais ce n’est pas vraiment le terme. J’avais découvert son blog La fabrique de Lilikus il y a quelques années, j’y passais de temps en temps. Sur Instagram, aussi. On a souvent l’impression de « connaître » une personne, à force de la côtoyer de près ou de loin sur les réseaux sociaux. Bref, dans ma tête, Alice était un visage familier. Alors, lorsque j’ai appris la nouvelle de sa maladie, ça m’a fait tout drôle.

On lit souvent des témoignages de personnes confrontées à la mort, à la maladie ou bien à un événement traumatisant, qui prennent soudain  conscience que la vie n’est pas éternelle, que c’est une bougie dont la petite flamme vacille au moindre souffle de vent. Des personnes qui se sont rendues compte que la vie qu’elles menaient jusque-là ne leur convenait pas vraiment et n’était qu’un leurre, qu’elles s’étaient contentées de vivre jusqu’ici en pilotage automatique. La vie d’un autre. Mais pas la sienne.

Lorsque j’ai appris cette nouvelle, donc, j’ai eu comme un électrochoc. Je me suis demandé si, moi aussi, je ne vivais pas la vie d’une autre. J’en avais lu beaucoup de ces témoignages, sans m’en sentir touchée outre mesure. je me disais que ces événements étaient trop éloignés de moi, de ma vie, et que je n’aurais jamais à vivre ça. C’est souvent ce qu’on pense je crois : « Ça n’arrive qu’aux autres. » Je n’avais jamais pris conscience, dans ma tête et dans mon corps, de la fragilité de la vie. Or, le fait que cette chose arrive à une jeune femme que j’avais l’impression de connaître, à semblé soudain encore plus réel que ces événements que j’avais suivis de loin, au détour d’un article sur le vaste monde qu’est internet.

J’ai pris conscience que non, « ça » n’arrive pas qu’aux autres, et bizarrement ça m’a donné des ailes pour prendre plus au sérieux ce que je souhaitais réellement devenir. Soudain j’ai pensé : « Et si ça m’arrivait, à moi ? Si je devais mourir demain (désolée Alice. Je sais que toi tu vas t’en sortir ♥), regretterais-je mes choix ? ». Je sais déjà depuis quelques années que le métier auquel me destinent mes études ne me convient pas, et ce n’est plus un secret pour personne (sauf bien évidemment, hum, mon maître de stage). Je me force jusqu’au diplôme, mais le cœur n’y est pas (encore quelques mois…). Pourtant ce jour-là, j’ai enfin compris qu’il fallait s’écouter, soi, et personne d’autre.

Et vivre, vraiment.

J’ai écrit cet article à chaud, sans presque me relire. Moi qui avais du mal à revenir sur le blog et même à écrire tout court, j’ai ressenti le besoin pressant de venir ici écrire ces mots, comme une digue qui cédait. J’espère qu’il n’y aura pas trop de fautes…

Tibicos

Il y a quelques semaines, j’ai adopté un nouveau compagnon : il n’aboie ni ne ronronne (ça ne m’aurait pas déplu pourtant) (et il ne perd pas ses poils, ce qui en fait un compagnon idéal) mais fait beaucoup de bulles, pour mon plus grand plaisir. Non, ce n’est pas un poisson non plus. Car voilà, l’étrange animal dont il est question se nomme… du kéfir de fruit. Cet amas de bonnes levures et bactéries est un terreau fertile de pré et pro-biotiques, et est réputé excellent pour la santé (peau, cheveux, allergies….). Mais moi, ce que je préfère – outre son délicieux goût fruité et pétillant – c’est le regarder buller dans son bocal ! J’A-DO-RE.

J’en cherchais depuis un moment, après l’avoir découvert il y a quelques années lorsque j’étais encore lycéenne. Une gentille dame m’en avait envoyés par la poste, déshydratés, mais je crois qu’ils n’étaient pas très en forme. La preuve : ils moururent quelques semaines plus tard, me laissant désemparée. Ce fût le début de mon amour pour la fermentation.

Et puis il y a peu, nouvelle lubie comme il m’en arrive souvent, j’ai décidé de m’y remettre. Coïncidence-je-ne-crois-pas, sur Leboncoin je suis tombée sur l’annonce de mon ancien prof d’Allemand ! Sehr lustig en effet. Lequel m’a gentiment offert dans un petit pot ces petites graines magiques.

Depuis, mon petit tibicos (c’est son autre nom mexicain, mais il en a des dizaines d’autres) grandit à merveille et fait la joie de ses parents (enfin surtout de la mienne, mais son papa humain en a aussi réclamé pour en avoir tout à lui). Il se multiplie à l’infini, et semble beaucoup aimer son petit régime à base de Rapadura. Je vais bientôt pouvoir en offrir et propager la bonne parole, ahah. Share the love qu’ils disent.

Kéfir de fruit – recette de base

J’utilise deux gros bocaux de compote d’1.075 kg, un servant à la première fermentation (F1) et l’autre à la deuxième (F2).

  • 3 cuillères à soupe de grains de kéfir de fruit
  • 2 grosses cuillères à soupe de sucre complet type Rapadura
  • 2 figues impérativement bio
  • 1 petit citron BIO coupés en rondelles (c’est très important ! Le kéfir étant sensible aux pesticides, cela risquerait de le tuer… et ce n’est pas ce qu’on veut n’est-ce pas ?)
  • de l’eau déchlorée (eau du robinet mise à bouillir puis refroidie)

Préparation (F1) :

Dans un des bocaux, verser un peu d’eau au fond puis déposer avec une cuillère en bois les grains de kéfir, le sucre, les figues et le citron.

Compléter avec de l’eau, sans remplir complètement le bocal (laisser environ 2 cm pour permettre au gaz de s’échapper). Fermer avec un couvercle ou bien avec une gaze et un élastique, cela n’a pas vraiment d’importance.

La suite des opérations (F2) :

Environ 48h après la première opération, et quand les figues sont remontées à la surface, filtrer la boisson dans le deuxième bocal à l’aide d’une petite passoire fine en plastique.

Presser le citron dedans, jeter les figues et relancer une fermentation, ou bien conserver les graines dans un petit bocal en verre avec de l’eau et 2 cuillères à café de sucre. Elles pourront rester au repos plusieurs semaines dans le réfrigérateur.

Enfin, laisser à température ambiante pendant environ 24h pour une deuxième fermentation avant de mettre au frigo. Lors de cette deuxième phase, plusieurs solutions s’offrent à vous : laisser comme ça, ou bien ajouter quelques morceaux de fruits et/ou herbes pour le goût. Faites jouer votre imagination !

Quelques idées d’association :

  • framboises, fraises… lorsque c’est la saison
  • morceaux de pêche et feuilles de verveine
  • curcuma/bâtons de gingembre frais
  • rondelles de citron/basilic frais

Bon, alors. Je récapépète, pour ceux qui n’auraient pas suivi : 48h de F1 avec les grains/figues/citron + 24h de F2 après filtration + 3-4 jours au frigo pour « arrêter » la fermentation (et déguster une délicieuse limonade/cidre artisanal).

Et vous, vous connaissiez le kéfir ? Vous en avez déjà goûté ?

Où je tombe sous le charme de la plume de Delphine de Vigan (No et moi)

Mardi, fin d’après-midi, la nuit tombe doucement comme un manteau de velours. Je sors d’une journée de cours ennuyeuse à pleurer, et j’ai désespérément besoin d’un livre pour me remonter le moral. L’école d’ingénieur n’est décidément pas pour moi, que diable suis-je venue faire ici…

 

Mon échappatoire

J’arpente les rayons de la bibliothèque, m’abreuvant de titres enjôleurs et de tranches bien droites. Les bains de livres ont toujours été ma solution à moi, je m’en rends compte maintenant. La vue de tous ces bouquins m’apaise littéralement. Ce soir-là, plus que jamais, j’ai faim de pages à tourner et de mots à avaler.

Je tombe sur ce titre que j’ai déjà vu maintes fois, et qui ne m’a jamais vraiment donné envie. Je me souviens du film, sorti quelques années plus tôt. Moui, bof… L’instinct me pousse pourtant à m’en emparer. Ça fait tilt dans ma tête : Camille en a parlé une fois sur Twitter, Camille dont j’adore les billets remplis de tendresse et de souvenirs. On cherche toujours un peu à ressembler aux gens qu’on admire non ? Alors je le prends.

Sitôt rentrée je me jette dessus comme une affamée. Je prends le plaid, mes jambes ramenées sous les genoux, et j’entre dedans. Une page, deux pages. Puis le reste défile. Je ne peux plus m’arrêter, je suis happée par l’histoire. Cette toute jeune fille bien trop précoce, qui a compris le monde avant les adultes, me touche. Je me fais la réflexion que j’aurais dû emprunter ce livre plus tôt. Quelle merveille, comment ai-je pu passer à côté ?

Ce beau roman aborde avec douceur des questions sensibles comme le deuil d’un bébé, la dépression et la difficulté d’être soi lorsque l’on est « différent ». La plume de Delphine est fluide, concise, incroyablement juste. Je m’insurge contre ce monde cruel et insensible qui met des jeunes filles à la rue. Je souris (et pleure, un peu), pleine d’espoir, à ce début d’amitié touchant comme une rosée du matin.

Ce livre, sur qui je ne misais pas grand-chose (allez savoir pourquoi), m’a bouleversée au-delà de ce que j’imaginais.

(Alors bien sûr, je vous le conseille mille fois.)

Soudain, la lumière.

Mardi, le soleil est revenu. Ou peut-être était-ce lundi, ou dimanche, je ne sais plus très bien.

Alors nous avons vu la lumière, éternelle absente de ces dernières semaines, qui faisait tant défaut à nos humeurs moroses.

Sortir de ce marasme météorologique l’espace de quelques jours était comme une urgence, et goûter la chaleur des rayons sur la peau et la clarté du ciel, comme un délice. Cette parenthèse impromptue, enchantée, comme un avant-goût léger de Printemps, était un merveilleux cadeau dont je me suis empressée de me délecter.

Naviguer dans les eaux sombres soir et matin et du matin au soir, puis déposer la barque au bord du sable. Là, doucement. Caresser du doigt le papier doré enrobant une impalpable gourmandise.

Peut-être que cela ne durera pas, mais

Mardi, le soleil est revenu.

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