MENUMENU
Chuchotis Marins - Page 2 sur 31 -

Tibicos

Il y a quelques semaines, j’ai adopté un nouveau compagnon : il n’aboie ni ne ronronne (ça ne m’aurait pas déplu pourtant) (et il ne perd pas ses poils, ce qui en fait un compagnon idéal) mais fait beaucoup de bulles, pour mon plus grand plaisir. Non, ce n’est pas un poisson non plus. Car voilà, l’étrange animal dont il est question se nomme… du kéfir de fruit. Cet amas de bonnes levures et bactéries est un terreau fertile de pré et pro-biotiques, et est réputé excellent pour la santé (peau, cheveux, allergies….). Mais moi, ce que je préfère – outre son délicieux goût fruité et pétillant – c’est le regarder buller dans son bocal ! J’A-DO-RE.

J’en cherchais depuis un moment, après l’avoir découvert il y a quelques années lorsque j’étais encore lycéenne. Une gentille dame m’en avait envoyés par la poste, déshydratés, mais je crois qu’ils n’étaient pas très en forme. La preuve : ils moururent quelques semaines plus tard, me laissant désemparée. Ce fût le début de mon amour pour la fermentation.

Et puis il y a peu, nouvelle lubie comme il m’en arrive souvent, j’ai décidé de m’y remettre. Coïncidence-je-ne-crois-pas, sur Leboncoin je suis tombée sur l’annonce de mon ancien prof d’Allemand ! Sehr lustig en effet. Lequel m’a gentiment offert dans un petit pot ces petites graines magiques.

Depuis, mon petit tibicos (c’est son autre nom mexicain, mais il en a des dizaines d’autres) grandit à merveille et fait la joie de ses parents (enfin surtout de la mienne, mais son papa humain en a aussi réclamé pour en avoir tout à lui). Il se multiplie à l’infini, et semble beaucoup aimer son petit régime à base de Rapadura. Je vais bientôt pouvoir en offrir et propager la bonne parole, ahah. Share the love qu’ils disent.

Kéfir de fruit – recette de base

J’utilise deux gros bocaux de compote d’1.075 kg, un servant à la première fermentation (F1) et l’autre à la deuxième (F2).

  • 3 cuillères à soupe de grains de kéfir de fruit
  • 2 grosses cuillères à soupe de sucre complet type Rapadura
  • 2 figues impérativement bio
  • 1 petit citron BIO coupés en rondelles (c’est très important ! Le kéfir étant sensible aux pesticides, cela risquerait de le tuer… et ce n’est pas ce qu’on veut n’est-ce pas ?)
  • de l’eau déchlorée (eau du robinet mise à bouillir puis refroidie)

Préparation (F1) :

Dans un des bocaux, verser un peu d’eau au fond puis déposer avec une cuillère en bois les grains de kéfir, le sucre, les figues et le citron.

Compléter avec de l’eau, sans remplir complètement le bocal (laisser environ 2 cm pour permettre au gaz de s’échapper). Fermer avec un couvercle ou bien avec une gaze et un élastique, cela n’a pas vraiment d’importance.

La suite des opérations (F2) :

Environ 48h après la première opération, et quand les figues sont remontées à la surface, filtrer la boisson dans le deuxième bocal à l’aide d’une petite passoire fine en plastique.

Presser le citron dedans, jeter les figues et relancer une fermentation, ou bien conserver les graines dans un petit bocal en verre avec de l’eau et 2 cuillères à café de sucre. Elles pourront rester au repos plusieurs semaines dans le réfrigérateur.

Enfin, laisser à température ambiante pendant environ 24h pour une deuxième fermentation avant de mettre au frigo. Lors de cette deuxième phase, plusieurs solutions s’offrent à vous : laisser comme ça, ou bien ajouter quelques morceaux de fruits et/ou herbes pour le goût. Faites jouer votre imagination !

Quelques idées d’association :

  • framboises, fraises… lorsque c’est la saison
  • morceaux de pêche et feuilles de verveine
  • curcuma/bâtons de gingembre frais
  • rondelles de citron/basilic frais

Bon, alors. Je récapépète, pour ceux qui n’auraient pas suivi : 48h de F1 avec les grains/figues/citron + 24h de F2 après filtration + 3-4 jours au frigo pour « arrêter » la fermentation (et déguster une délicieuse limonade/cidre artisanal).

Et vous, vous connaissiez le kéfir ? Vous en avez déjà goûté ?

Où je tombe sous le charme de la plume de Delphine de Vigan (No et moi)

Mardi, fin d’après-midi, la nuit tombe doucement comme un manteau de velours. Je sors d’une journée de cours ennuyeuse à pleurer, et j’ai désespérément besoin d’un livre pour me remonter le moral. L’école d’ingénieur n’est décidément pas pour moi, que diable suis-je venue faire ici…

 

Mon échappatoire

J’arpente les rayons de la bibliothèque, m’abreuvant de titres enjôleurs et de tranches bien droites. Les bains de livres ont toujours été ma solution à moi, je m’en rends compte maintenant. La vue de tous ces bouquins m’apaise littéralement. Ce soir-là, plus que jamais, j’ai faim de pages à tourner et de mots à avaler.

Je tombe sur ce titre que j’ai déjà vu maintes fois, et qui ne m’a jamais vraiment donné envie. Je me souviens du film, sorti quelques années plus tôt. Moui, bof… L’instinct me pousse pourtant à m’en emparer. Ça fait tilt dans ma tête : Camille en a parlé une fois sur Twitter, Camille dont j’adore les billets remplis de tendresse et de souvenirs. On cherche toujours un peu à ressembler aux gens qu’on admire non ? Alors je le prends.

Sitôt rentrée je me jette dessus comme une affamée. Je prends le plaid, mes jambes ramenées sous les genoux, et j’entre dedans. Une page, deux pages. Puis le reste défile. Je ne peux plus m’arrêter, je suis happée par l’histoire. Cette toute jeune fille bien trop précoce, qui a compris le monde avant les adultes, me touche. Je me fais la réflexion que j’aurais dû emprunter ce livre plus tôt. Quelle merveille, comment ai-je pu passer à côté ?

Ce beau roman aborde avec douceur des questions sensibles comme le deuil d’un bébé, la dépression et la difficulté d’être soi lorsque l’on est « différent ». La plume de Delphine est fluide, concise, incroyablement juste. Je m’insurge contre ce monde cruel et insensible qui met des jeunes filles à la rue. Je souris (et pleure, un peu), pleine d’espoir, à ce début d’amitié touchant comme une rosée du matin.

Ce livre, sur qui je ne misais pas grand-chose (allez savoir pourquoi), m’a bouleversée au-delà de ce que j’imaginais.

(Alors bien sûr, je vous le conseille mille fois.)

Soudain, la lumière.

Mardi, le soleil est revenu. Ou peut-être était-ce lundi, ou dimanche, je ne sais plus très bien.

Alors nous avons vu la lumière, éternelle absente de ces dernières semaines, qui faisait tant défaut à nos humeurs moroses.

Sortir de ce marasme météorologique l’espace de quelques jours était comme une urgence, et goûter la chaleur des rayons sur la peau et la clarté du ciel, comme un délice. Cette parenthèse impromptue, enchantée, comme un avant-goût léger de Printemps, était un merveilleux cadeau dont je me suis empressée de me délecter.

Naviguer dans les eaux sombres soir et matin et du matin au soir, puis déposer la barque au bord du sable. Là, doucement. Caresser du doigt le papier doré enrobant une impalpable gourmandise.

Peut-être que cela ne durera pas, mais

Mardi, le soleil est revenu.

Mon film de l’année 2017 : Divines, de Houda Benyamina

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un film. D’une histoire qui m’a touchée, bouleversée, qui a réussi à « fracturer la carapace de mon âme » (ce qui est une façon un peu pompeuse, j’en conviens, de dire que je suis plutôt difficile en la matière).

C’est vrai, rares sont les films (j’ai l’impression) qui arrivent réellement à me transcender. Oh si, il y a eu Alabama Monroe en 2013 (coup de cœur absolu de l’Univers), qui n’a jamais cessé d’occuper mes pensées depuis. Et puis quelques autres aussi, bien sûr, comme American History X et Detachment (film dont je garde un souvenir très fort, avec l’incroyable Adrian Brody ♥).

Au fil du temps j’ai réussi à définir les ingrédients d’une histoire qui risque de me plaire. Alors voilà : j’aime les films bruts et singuliers, assez éloignés des blockbusters ultra-violents auxquels je ne comprends souvent pas grand chose (l’humain mâle qui partage mon salon essayant tant bien que mal de m’en faire regarder quelques uns…), avec beaucoup de drame dedans et un peu d’histoire d’amour (un peu…).

Mon film de 2017…

Une poignée d’heure avant 2018, j’ai découvert Divines, de Houda Benyamina et sorti en 2016 : LA. CLAQUE. J’ai ri, j’ai tremblé, j’ai pleuré et senti mon cœur se serrer.

Divines, c’est l’histoire de deux gamines de la banlieue, débrouillardes et surtout inséparables, qui n’en peuvent plus de la violence et de la misère dans lesquelles elles vivent. Prêtes à tout pour s’en sortir, en dépit de la morale et de la légalité, elles se retrouvent embarquées dans des trafics de drogues et des petits larcins.

Dounia, incarnée par Oulaya Hamamra, est troublante de justesse et de charme : sincèrement, je n’ai jamais été aussi subjuguée par une jeune actrice (qui a seulement 21 ans, gloups). Sa copine Maïmouna (Déborah Lukumuena) est elle aussi touchante de candeur et terriblement attachante (je trouve cette expression parfois galvaudée mais là… WAHOU). Ces deux-là forment un duo inoubliable dont on aimerait faire partie tant leur amitié est incroyable, presque hors du commun.

Sans oublier Kévin Moushel, en danseur troublant, dont l’apparition fugace dans la vie de Dounia va la transformer.

Bref, ce film est un petit joyau brut de décoffrage qui ne vous laissera sûrement pas indifférent, et que je vous conseille mille fois !

 

Un nouveau jour se lève.

J’ai soigneusement plié 2017 en deux, en quatre, en huit entre mes doigts. Je l’ai laissée s’envoler, origami impalpable. Était-ce bien, était-ce beau ? Ni mieux, ni moins bien qu’une autre. Comme un ouragan du temps qui passe, folle et douce danse. Se poser quelques minutes et faire le point.

En 2017 il y a eu Pise et nos petits voyages à deux, sac à l’épaule, soif de vivre en bandoulière. Ce fût des rires et des images, des sons et des odeurs de bougies dans le salon, comme de sablés qui cuisent au four. Un petit nid éphémère rempli de nous et de nos mots, de larmes parfois, des rêves et des doutes qui nous habitent. Une nouvelle année scolaire à traverser, à se poser beaucoup (trop ?) de questions sur cet avenir encore incertain. Des contours flous à (re)définir, les bonnes questions à se poser – du moins essayer. Que ferais-tu si tout était possible, les obstacles balayés d’un revers de la main ? Pas ça, sûrement…

Et puis il y avait toi, encore, toujours toi : toi, toi, Toi que j’aime comme je n’ai jamais aimé. Moi au creux de ton cou, mes lèvres sur tes doigts, et tes mots doux qui font du bien. Ce nouveau blog à habiter dessiné par la talentueuse Asaline, mes envies d’écriture, ce défi littéraire à relever (on fera mieux la prochaine fois). Des porcs balancés sur les réseaux sociaux, des #metoo scandés, des livres lus en frissonnant de la beauté des mots, des podcasts découverts. Mais aussi, des combats à mener : pour la planète, les femmes, les animaux… Du doux et du dur, alternés comme des couches de biscuit qui craquent sous la dent mais caressent la langue. Oui, tout ça à la fois. C’est beau la vie, malgré tout. C’est une entreprise folle, faite pour les fous et les magiciens du quotidien.

A vous, je vous souhaite la force d’être vous, d’oser et de vous affirmer sans peur des jugements. Je vous souhaite des bouquets de fleurs sur votre chemin, de belles découvertes et des apprentissages par miliers, car on n’a jamais fini d’apprendre. Sur nous, sur les autres, sur la vie.

Belle et heureuse année 2018 ♥

Design par ASALINE