Chuchotis Marins - Page 3 sur 29 -

Série : The Handmaid’s Tale (La servante Écarlate)

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler série. Ou plutôt du géniallissime The Handmaid’s Tale, un petit chef d’oeuvre que je viens juste de terminer. Moi qui me considérais encore il y a peu comme une néophyte, je me rend compte que le nombre de séries visionnées à mon actif devient assez conséquent. L’automne arrivant doucement avec ses montagnes de plaids, ses chocolats chauds et ses gros pulls doudou, ce sujet me semblait plutôt approprié. Ainsi, je m’attelle à la difficile tâche de vous en parler.

Pour tout vous dire, malgré le buzz qu’il y a eu autour de cette oeuvre j’ai franchement hésité à me lancer dedans : non que le sujet ne m’intéressait pas (bien au contraire !), mais parce que je craignais la façon dont il allait être traité, et de me retrouver mal à l’aise devant des images et des propos choquants. Disons-le clairement : le propos EST choquant, mais mérite amplement d’être développé.

Petite note : si vous êtes très sensibles et cherchez une série légère pour passer un moment relaxant, prenez vos jambes à votre cou et ne vous retournez pas ! Les autres, installez-vous confortablement en priant très fort pour que cette société ne voie jamais le jour.

The Handmaid’s Tale, donc…

De quoi ça parle ?

Basé sur le roman de Margaret Atwood publié en 1985, La Servante Écarlate (en français) est une dystopie glaçante, ou le récit à la première personne d’une jeune femme, June, devenue esclave sexuelle contre son grès.

Dans une société futuriste des Etats-Unis où le taux de natalité est au plus bas, des femmes sont arrachées à leur famille et séparées de leurs enfants pour être placées dans de riches familles infertiles. Sous cette république totalitaire de Giléad, fondée par des fanatiques religieux, ces femmes sont désormais interdites de tout travail, lecture, divertissement et compte en banque. Placées sous la surveillance austère de ‘Tantes’, elles n’ont plus de droits sauf celui de se taire et de mettre au monde des bébés (si possible en bonne santé, ce qui n’arrive pas si souvent).

Chaque mois, lors de la Cérémonie (qui n’est autre qu’un viol en bonne et due forme, ne jouons pas sur les mots), chaque Servante est forcée de concevoir un enfant avec son Commandant sous l’œil attentif et plein d’espoir de leur femme. Sans surprise, ces scènes qui ne sont ni plus ni moins que des rapports forcés sont cruelles et révoltantes.

 

La série

N’ayant pas encore lu l’oeuvre originale – il attend sagement son tour sur ma table de nuit – , je donnerai donc seulement mon avis sur la série, que j’ai trouvée époustouflante.

Dans une atmosphère oppressante et glaciale, on suit le quotidien de ces femmes en rouge fait de brimades, d’humiliations, voire de mutilations (ces passages m’ayant particulièrement choquée, bien que ces actes soient davantage suggérés que montrés). Telles de petits robots réduits au rang d’esclaves sexuelles, leur seul rôle est on ne peut plus simple : procréer, porter l’enfant et enfanter, un point c’est tout. Autrement dit, des utérus ambulants.

Épisode après épisode, on suit le destin peu enviable de Defred (June de son vrai nom), placée chez le Commandant Waterford et sa femme. Par l’intermédiaire de flashbacks réguliers qui viennent éclairer le spectateur, on découvre peu à peu ce qui a amené ces femmes et cette société à muter d’une telle façon, ce qui rend l’histoire jusqu’au dénouement particulièrement addictive. D’ailleurs, la première saison nous laisse vraiment sur notre faim : vivement la seconde !

Au delà d’un discours terrifiant qui rappelle – évidemment – celui d’Orwell dans 1984, cette série est superbe : la réalisation est extrêmement soignée, l’esthétisme beau et lumineux, et la chorégraphie délicate rouge, verte et blanche des protagonistes rend le tout agréable à regarder.

Avez-vous lu/vu cette oeuvre ? En avez-vous envie ?

Le gâteau aux noisettes de la rentrée {VGL}

J’attends toujours avec beaucoup d’impatience la saison des noisettes, pour plusieurs raisons qui ne tiennent qu’à moi : d’abord pour l’arrivée imminente de la rentrée, qui est une période un peu excitante et magique que j’aime beaucoup, mais aussi pour ces heures de cueillettes silencieuses avec le soleil dans le dos et l’esprit libre de vagabonder.

Il faut alors secouer l’arbre comme un prunier (le fait que ce soit un noisetier n’y change rien), afin qu’il délivre sur nos têtes sa pluie de trésors. Ou bien encore, manière tout aussi efficace, tendre d’une main la branche garnie tout en extirpant de l’autre les fruits mûrs à point dans leur corolle. Tout ceci en résistant à la tentation de grimper sur le toit, là où se trouvent les noisettes les plus belles et les plus dorées. Tout un programme, bien que s’improvise cueilleur de noisettes qui veut !

(Par ailleurs, je me suis toujours demandé d’où venaient ces grosses noisettes vendues au supermarché, qui ne ressemblent en rien aux petites perles délicates et hétérogène que l’on cueille dans nos contrées.)

Le jour de ma cueillette, il était encore un peu tôt pour la saison officielle puisque nous étions seulement à la mi-août, mais j’ai pourtant réussi à ramasser quelques beaux spécimen. J’ai décidé de les destiner à un gâteau à la saveur automnale, qui m’a fait penser à l’excellent gâteaux aux noix qu’on nous servait au dessert lorsque j’étais au lycée. C’était pour moi jour de fête quand il y en avait, car ce n’était pas très souvent, alors j’aurais pu mordre pour avoir la dernière part (JE PLAISANTE.)

(Quoique…)

 

Gâteau à la farine de petit épeautre et aux noisettes du Jardin

 

Pour un moule à manquer de 20 cm

  • 200g de noisettes (pesées avec leur coque)
  • 180g de farine de petit épeautre
  • 100g de sucre complet
  • 1 càc de bicarbonate de soude
  • 1 pincée de gros sel
  • 100ml de crème de soja
  • 2 càS d’huile d’olive
  • eau

Préparation

Éplucher les noisettes, et les mettre à torréfier quelques minutes dans une poêle sans matière grasse. On doit entendre des petits « plop » (c’est assez marrant). Mixer pas trop finement, et réserver.

Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients secs : farine, poudre de noisettes, sucre, bicarbonate et sel.

Ajouter la crème de soja et l’huile en mélangeant entre chaque ajout, puis ajouter l’eau petit à petit jusqu’à obtenir une pâte fluide granuleuse (mais non liquide).

Verser dans un moule huilé et enfourner à 180°C pour environ 30 minutes, tout dépend de votre four.

Les petits pas

La sœur de ma maman, elle ne va pas très bien. C’est une histoire pas très drôle, de celles qu’on aimerait éviter d’entendre. Elle s’est mise à broyer du noir, ou à concasser du gris, selon les jours. C’est un peu comme basculer l’interrupteur du côté obscur, ou bien comme des petits cailloux dans une chaussure. Ça pique et ça gêne, ça fait perdre l’équilibre et on ne peut plus marcher droit. Alors on se raccroche aux petites choses, comme on peut.

L’autre jour on a décidé d’aller se promener au bord de la mer, parce que je ne connais rien de plus efficace qu’une balade au grand air pour chasser tous ses soucis – surtout en bord de mer. Il faisait beau ce jour-là, ce qui était assez rare à cette période, alors on s’est laissées chauffer la peau par le soleil. Il y avait du vent, aussi, et c’était comme si l’herbe chantait.

Et puis on a vu un champ très beau rempli de coquelicots comme des touches de peinture, et des potimarrons qui poussaient. On s’est arrêtées devant pour les contempler, parce qu’on était très étonnées de voir déjà des potimarrons, alors la vieille dame s’est approchée de nous avec sa canne. Oui elle a dit, ils pointent déjà le bout de leur nez. Elle a ajouté qu’il fallait replanter de nouvelles graines tous les ans, à cause de l’hybridation. J’ai noté tout cela dans ma tête, pour plus tard, dans le petit carnet virtuel de mon esprit. On a parlé de choses et d’autres pendant un petit moment, en savourant la connexion entre nous, comme si nous nous trouvions exactement là où il fallait. On lui a dit au revoir et on a continué notre chemin, trois silhouettes au bord de l’eau.

Il suffit de peu pour laisser, pendant quelques heures, ses cailloux au bord du chemin : un champ de potimarrons, une vieille dame qui raconte, du vent dans les cheveux et une limonade.

Binge reading // Mes lecture d’été 2017

Tandis que certains s’adonnent avec joie au visionnage intensif de séries en un binge watching effréné, d’autres (dont je fais partie) lui préfèrent encore un bon binge reading en bonne et due forme, avalant des kilomètres de mots en une valse lente avec le temps. Pour autant, n’allez pas croire que je dénigre le premier au profit du second, not at all. Rien ne saurait mieux me faire perdre la notion du temps qu’une (très) bonne série, comme ce fût le cas avec le très prenant Bates Motel (et hop! ni vu ni connu elle glisse le titre comme une suggestion cachée, la perfide…)

Ma découverte du géniallissime Allez vous faire lire, dont les chroniques se boivent comme du petit-lait de soja à la vanille -c’est à dire goulûment-, a fini de faire grossir ma Pile A Lire. Qui n’a de pile que le nom, d’ailleurs, puisqu’elle consiste en une liste virtuelle de titres stockée bien au chaud dans un Mémo de mon téléphone.

(J’ai arrêté d’acheter des livres depuis belle lurette, depuis en fait que ma bibliothèque a menacé de se déverser comme une rivière en crue. A la place j’ai pris un abonnement à la médiathèque : rentabilité maximale les cocos !)

Cette intro a assez duré n’est-ce pas, venons-en au fait, et vite ! Je vous propose donc un petit aperçu de mes dernières lectures estivales afin de palier, si nécessaire, à votre désert romanesque. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi 😉 Petite précision : ces romans proviennent tous des rayons Jeunesse/Young Adult de ma bibliothèque, mais je gage que vous passerez en leur compagnie d’agréables moments.

De Cape & de Mots | Flore Vesco

A la mort de son père, la pétillante Serine est contrainte de quitter sa comtesse de mère et sa farandole de petits frères pour trouver un emploi. S’opposant à sa génitrice, elle décide de s’engager auprès de la Reine comme Demoiselle de Compagnie. En chemin, rien ne se passe comme prévu entre sa méconnaissance des conventions, la tyrannie de la Reine envers ses sujets et le mépris des autres demoiselles plus fortunées qu’elle. Heureusement, la jeune fille peut toujours compter sur sa gouaille et sa débrouillardise pour contourner tous les obstacles, tout comme sa propension à nouer des relations avec les êtres qui l’entourent.

Le premier roman de Flore Vesco est un petit bijou de fantaisie et d’inventivité, où l’on se délecte de jeux de mots bien juteux et d’inventions les plus folles. On suit avec ravissement l’ascension de Serine au sein du palais, tandis qu’au même moment les nobles malintentionnés dégringolent de leur piédestal.

***

Nous les menteurs | e. lockhart

Dans la famille Sainclair, tout le monde est beau, tout le monde est riche, tout le monde réussit dans la vie. Pas de drogué, pas de raté, pas de tire-au-flancs… et pourtant. Dans la famille Sainclair, tout le monde va bien mais personne ne révèle ses émotions. Tous les étés, Cadence passe ses vacances sur l’île paradisiaque de sa famille avec les Menteurs, sa petite bande ses cousins auxquels vient se greffer Gat. Gat, le neveu du nouveau mari de sa tante, l’impénétrable Gat, l’amoureux de Cadence. L’été 15 (c’est comme ça que Cadence nomme l’été de ses quinze ans), tout bascule : c’est le drame, l’accident, mais la jeune fille ne se souvient plus de rien. Peu à peu quelques bribes lui reviennent, et les morceaux du puzzle se mettent en place. Jusqu’à la révélation.

Ce roman est… stupéfiant et à nul autre pareil. Fort comme un vent du nord, cinglant comme une gifle, je n’ai pu le lâcher avant la dernière page. L’écriture est fluide et les dialogues savoureux, entrecoupés de phrases courtes à la manière de vers poétiques qui font toute son originalité. C’est une lecture forte (voire perturbante) qui ravira certainement les mordus de drames familiaux.

***

Broken Soup | Jenny Valentine

Je finis par mon coup de cœur absolu de ces trois ouvrages, que j’ai dévoré en un peine une journée. Je l’ai achevé avec beaucoup de regrets, et ai même envisagé de le relire aussitôt (chose que je ne fais jamais).

Depuis la mort accidentelle de son frère Jack, rien ne va plus à la maison. Avec un père absent et une mère à la dérive, Rowan, 14 ans, doit prendre en charge sa vie d’adolescente et sa petite sœur de six ans. Un jour, sa vie prend un tournant inattendu alors qu’un inconnu lui tend un négatif qu’elle aurait laissé tomber. A partir de là, tout s’enchaîne et se déroule comme une bobine de fil. J’ai été happée par ce roman lumineux et optimiste, qui met en scène une belle galerie de personnages à la personnalité attachante. Harper, Rowan et Stroma sont de ceux qu’on aimerait rencontrer dans la vraie vie, pour les serrer dans nos bras et faire un bout de chemin avec eux.

Ce livre parle avec justesse de la mort d’un proche et de tous ces petits liens détruits, mais aussi de la manière d’y faire face parce que la Vie continue, elle. Et c’est bouleversant.

Et vous, quelles sont vos lectures du moment ?

Cap à l’ouest (et citronnade maison)

Le Cap Ferret, j’avais en tête l’idée d’un lieu trop chic et inaccessible, peuplé de créatures richissimes en chapeau de paille et lunettes de soleil. Je suis souvent sidérée des a priori que je me fabrique, à travers la lunette étriquée des on-dit et de ce que veulent bien raconter les magazines.

Et puis j’y ai découvert l’Océan et ses vagues folles, d’une force telle que je n’en avais jamais vue. Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que dans cette houle déchaînée, qui m’étreint les hanches et me pousse dans mes retranchements.

Il y eut aussi les pins chauffés par le soleil à l’odeur enivrante, le marché plein de trésors, et les écureuils sautant de branches en branches. Je crois n’avoir jamais autant mangé de bonnes choses, et au diable la culpabilité qui te souffle à l’oreille que tu le regretteras. Les cannelés de la grande-tante dégustés avec gourmandise, à choisir un peu trop cuits pour la croûte au goût de caramel, et les gaufres au caramel -le vrai, cette fois-  qui dégouline sur le menton. Il fût beaucoup question de caramel, et de gourmandises à s’en lécher les doigts. C’est les vacances, après tout…

Ce jour-là, le temps était maussade mais ils ont décidé de nous emmener déguster des huître à la cabane de pêcheur. Je me suis contentée de pain qui les accompagnait, mais c’était bien. La brume au loin, les bateaux, lui à côté de moi et moi prenant des photos. Là, tous les cinq, à contempler la mer. Oui, c’était bien.

Et surtout, il y a eu la citronnade maison dégustée glacée au retour de la plage, les cheveux encore emmêlés par le sel et les vagues. Et dont j’ai bien évidemment demandé la recette, comme un souvenir de vacances à rapporter dans la valise. Sa saveur, avec celles des cannelés et des gaufres au caramel, me rappellera à jamais le goût de ces quelques jours de paradis.

 

Pour un pichet de citronnade :

  • un citron Bio
  • 50g de sucre de canne
  • 1L d’eau chaude
Cette recette, qui n’en est pas vraiment une, est tout ce qu’il y a de plus simple : dans un pichet, verser le sucre, le citron coupé en fines tranches et l’eau.
Attendre que le mélange refroidisse avant de mettre au réfrigérateur.
A déguster bien frais au retour de la plage, ou bien à tout autre moment de la journée, je vous fais confiance !
Petite note : choisir un citron biologique a ici toute son importance, afin que les pesticides ne se retrouvent pas dans la boisson.

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