Série : The Handmaid’s Tale (La servante Écarlate)

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler série. Ou plutôt du géniallissime The Handmaid’s Tale, un petit chef d’oeuvre que je viens juste de terminer. Moi qui me considérais encore il y a peu comme une néophyte, je me rend compte que le nombre de séries visionnées à mon actif devient assez conséquent. L’automne arrivant doucement avec ses montagnes de plaids, ses chocolats chauds et ses gros pulls doudou, ce sujet me semblait plutôt approprié. Ainsi, je m’attelle à la difficile tâche de vous en parler.

Pour tout vous dire, malgré le buzz qu’il y a eu autour de cette oeuvre j’ai franchement hésité à me lancer dedans : non que le sujet ne m’intéressait pas (bien au contraire !), mais parce que je craignais la façon dont il allait être traité, et de me retrouver mal à l’aise devant des images et des propos choquants. Disons-le clairement : le propos EST choquant, mais mérite amplement d’être développé.

Petite note : si vous êtes très sensibles et cherchez une série légère pour passer un moment relaxant, prenez vos jambes à votre cou et ne vous retournez pas ! Les autres, installez-vous confortablement en priant très fort pour que cette société ne voie jamais le jour.

The Handmaid’s Tale, donc…

De quoi ça parle ?

Basé sur le roman de Margaret Atwood publié en 1985, La Servante Écarlate (en français) est une dystopie glaçante, ou le récit à la première personne d’une jeune femme, June, devenue esclave sexuelle contre son grès.

Dans une société futuriste des Etats-Unis où le taux de natalité est au plus bas, des femmes sont arrachées à leur famille et séparées de leurs enfants pour être placées dans de riches familles infertiles. Sous cette république totalitaire de Giléad, fondée par des fanatiques religieux, ces femmes sont désormais interdites de tout travail, lecture, divertissement et compte en banque. Placées sous la surveillance austère de ‘Tantes’, elles n’ont plus de droits sauf celui de se taire et de mettre au monde des bébés (si possible en bonne santé, ce qui n’arrive pas si souvent).

Chaque mois, lors de la Cérémonie (qui n’est autre qu’un viol en bonne et due forme, ne jouons pas sur les mots), chaque Servante est forcée de concevoir un enfant avec son Commandant sous l’œil attentif et plein d’espoir de leur femme. Sans surprise, ces scènes qui ne sont ni plus ni moins que des rapports forcés sont cruelles et révoltantes.

 

La série

N’ayant pas encore lu l’oeuvre originale – il attend sagement son tour sur ma table de nuit – , je donnerai donc seulement mon avis sur la série, que j’ai trouvée époustouflante.

Dans une atmosphère oppressante et glaciale, on suit le quotidien de ces femmes en rouge fait de brimades, d’humiliations, voire de mutilations (ces passages m’ayant particulièrement choquée, bien que ces actes soient davantage suggérés que montrés). Telles de petits robots réduits au rang d’esclaves sexuelles, leur seul rôle est on ne peut plus simple : procréer, porter l’enfant et enfanter, un point c’est tout. Autrement dit, des utérus ambulants.

Épisode après épisode, on suit le destin peu enviable de Defred (June de son vrai nom), placée chez le Commandant Waterford et sa femme. Par l’intermédiaire de flashbacks réguliers qui viennent éclairer le spectateur, on découvre peu à peu ce qui a amené ces femmes et cette société à muter d’une telle façon, ce qui rend l’histoire jusqu’au dénouement particulièrement addictive. D’ailleurs, la première saison nous laisse vraiment sur notre faim : vivement la seconde !

Au delà d’un discours terrifiant qui rappelle – évidemment – celui d’Orwell dans 1984, cette série est superbe : la réalisation est extrêmement soignée, l’esthétisme beau et lumineux, et la chorégraphie délicate rouge, verte et blanche des protagonistes rend le tout agréable à regarder.

Avez-vous lu/vu cette oeuvre ? En avez-vous envie ?